jeudi 23 juillet 2026

La Gauche

 Je n'aime pas beaucoup les expressions "gauche radicale", "vraie gauche", "gauche de rupture", etc. Pour des raisons stylistiques évidentes, ces superlatifs ne sont pas très élégants, mais surtout pour une raison de fond : être de gauche se mérite, cela ne se décrète pas.

Je n'ai jamais été directeur de cabinet salarié d'un homme politique (qui a été inculpé, puis condamné, dans des affaires de financement occulte) ; je n'ai jamais été mitterrandiste ; je n'ai jamais été franc-maçon ; je n'ai jamais été sénateur socialiste (sénateur socialiste !!!) ; je n'ai jamais voté pour le traité de Maastricht, traité que je n'ai jamais considéré comme "un compromis de gauche" ; je n'ai jamais soutenu Michel Rocard, notamment en 1993 ; je n'ai jamais cherché à magouiller avec François Hollande, notamment au congrès socialiste de Brest en 1997 ; je n'ai jamais soutenu Laurent Fabius, notamment en 2005 et 2006 ; Patrick Buisson, partisan de la "droite décomplexée" et d'un accord avec le RN, ne m'a pas invité à la remise de sa légion d'honneur.

Je n'éprouve donc pas le besoin d'affirmer que je suis de gauche. C'est une évidence depuis (presque) soixante ans.

 

samedi 20 juin 2026

Le parti communiste doit-il utiliser les réseaux sociaux ?

 Nous avons d'abord écrit sur des tablettes d'argile, ensuite sur des papyrus et du cuir. Puis nous avons inventé le papier. Nous sommes passés de l'écriture manuscrite à l'imprimerie. Nous sommes passés des livres onéreux aux livres de poche, puis au livre électronique. Nous avons inventé la radio, la télévision et, derniers en date, les réseaux sociaux.

A chaque étape, la production de qualité a représenté un faible pourcentage de la production totale.

A chacune de ces étapes (et pas seulement pour les réseaux sociaux), la production et la propriété des supports de communication appartenaient, ou étaient contrôlées, par les riches et les puissants.

Il faut (re)lire, dans Les Illusions perdues de Balzac, les enjeux de pouvoir et d'argent quand, vers 1840-1870, le papier pur fil a été remplacé par le papier à base de pâte de bois. Les Bolloré de l'époque n'attendaient que cela pour développer la presse !

A chacune de ces étapes, il y a eu des critiques violentes contre les nouveaux supports, les nouveaux moyens de communication.

Ne tombons pas dans le piège du "c'était mieux avant".

Oui les réseaux sociaux appartiennent au capital, comme (presque) tous les moyens (les supports) de communication. Mais les réseaux sociaux existent. Ils ont un quasi monopole de support de l'information pour une tranche d'âge importante. Il faut les utiliser sans complexe; avec prudence (avec la même prudence que n'importe quel autre moyen de communication), mais sans réserve.

mardi 16 juin 2026

Populisme(s) et mode de scrutin

 Déclaration de Fabien Roussel, au cours d'une interview télévisée, le 14 juin 2026 :

« Les 2,3% d’électeurs qui ont voté pour nous aux élections présidentielles n’auraient jamais voté pour Jean-Luc Mélenchon. Ceux qui avaient prévu de voter pour moi, au nom du vote utile se sont portés sur Jean-Luc Mélenchon. C’est plutôt lui qui m’a fait les poches. »

Cette "déclaration" de Fabien Roussel (non vérifiée), abondamment citée par les sites LFI, sert à illustrer l’idée que la candidature de Fabien Roussel serait la cause de «cinq ans de macronisme supplémentaires», en empêchant JLM d’être au second tour de l'élection présidentielle (comme s'il était évident qu'étant au second tour, il aurait été élu).

Pourtant, rien n’est plus exact que ce que dit Fabien Roussel. Le général de Gaulle nous a doté des modes de scrutin les plus anti-démocratiques qui soient, aux législatives et aux présidentielles : pour faire barrage à une vraie gauche, plurielle, et pour instaurer de force le bipartisme, contre les partis.

Le bipartisme est la solution miracle pour les populismes.
La droite gaulliste en a longtemps profité. Le PS de Mitterrand et Macron ont pris la suite. Le RN et LFI se préparent à prendre la relève. JLM nous le dit : « La primaire a déjà eu lieu. »

Que disent les deux adversaires, autoproclamés acteurs de la présidentielle : 
"Rendormez-vous braves gens !
Il existe, avec un second tour Mélenchon/Bardella, une vraie gauche et une vraie droite, avec chacune un vrai leader.
Votez et laissez-nous faire !"

mercredi 8 avril 2026

 

Débat d’orientations budgétaires au Conseil municipal, 7 avril 2026

La dette par habitant

L’Union des Gauches Vichyssoise a évoqué le problème de la dette. L’adjointe chargée des finances et le maire nous expliquent longuement que nous n’y comprenons rien. Lorsque nous remarquons que la dette du budget principal par habitant est le triple de la moyenne nationale (et que la dette consolidée représente quatre ans d’impôts directs locaux) le maire nous explique que cette façon de calculer est bassement "politique", digne de l’opposition ; les vrais gestionnaires, dit-il, n’utilisent pas la dette par habitant, mais la capacité de désendettement. C’est un point de vue qui ne va pas plaire à la Chambre régionale des comptes qui, dans son Rapport d’observations définitives – Commune de Vichy du 8 octobre 2018, page 52/95, utilise la dette par habitant !

Le maire, condescendant et amusé, comprend que l’opposition, qui n’a rien à proposer, parle de la dette. Rappelons-lui que dans son rapport de 95 pages la Chambre régionale des comptes utilise 45 fois les mots "dette" ou "endettement". Et si la dette était vraiment un problème…

La capacité de désendettement

Bien sûr l’Union des Gauches Vichyssoise n’a pas ignoré la capacité de désendettement pour étudier la dette de Vichy. Sur un ton professoral, et un peu méprisant, l’adjointe chargée des finances, et le maire, nous ont expliqué que la dette consolidée devait être comparée à l’épargne brute consolidée, et pas seulement à l’épargne brute du budget principal. Nous n’aurions pas eu besoin de cette leçon pour calculer correctement la capacité de désendettement sur la dette consolidée, si nous avions eu les données. Malheureusement c’était impossible. Le Rapport d’Orientations Budgétaires 2026 ne contenant aucune données sur les budgets annexes. Ces données, qui existaient en 2025, ont disparu en 2026.

Le rapport d'orientations budgétaires

Et c’est bien le problème de ce "débat" d’orientation budgétaire. Il s’appuie sur un "rapport" (ROB) qui ressemble à un PowerPoint de présentation d’un vrai rapport, digne de ce nom, qui lui n’existe pas. Très incomplet, si on le compare aux nombreux ROB disponibles sur internet, le ROB de Vichy change de structure entre 2025 et 2026, empêchant ainsi toute comparaison. Il contient même une erreur, page 17 (numéro de page reconstitué, dans un document non paginé), probablement une simple erreur de report, mais comme les données équivalentes n’existent pas dans le ROB 2025, nous n’avons pas pu identifier l’erreur. Monsieur le maire, avant d’envoyer le ROB à la Préfecture, vérifiez et corrigez la page 17 pour l’année 2023 : la dette au 31/12/2022, 54.824.556, moins l’amortissement de la dette en 2023, -5.300.122, plus le nouvel emprunt 2023, 10.244.000, ça ne fait pas 58.024.556 ; il y a une erreur de 1.744.000.

Cette correction sera la preuve que notre opposition est constructive 😊.

Un vrai débat sur la structure des dépenses n'a pas pu avoir lieu

Nous sommes d’accord avec le maire de Vichy sur un point : le débat d’orientations budgétaires ne doit pas se focaliser sur la dette, qui n’est qu’un des cinq points du ROB prévus par l’ordonnance du 12 juin 2025. Nous aurions aimé parler de "la structure et [de] l’évolution des dépenses". Malheureusement, en guise de structure des dépenses (de fonctionnement) nous avons eu droit à trois lignes (Dépenses de personnel/Charges à caractère général/Autres charges courantes). Difficile dans ces conditions de débattre de la "structure des dépenses".

Et, par exemple, pour faire face à un taux de pauvreté de 23% en moyenne à Vichy, dont 32% pour les moins de 30 ans, 33% pour les 30 à 39 ans et 30% pour les 40 à 49 ans (source INSEE), nous aurions aimé pouvoir débattre des moyens du CCAS : moyens accrus pour répondre aux besoins, moyens maintenus (dotation 2025 + inflation) … Le ROB nous dit que la subvention de la ville au CCAS sera maintenue à "un haut niveau". Chef d’œuvre de langue de bois.

Le vrai "débat" aura-t-il lieu lors du vote du budget ? Aurons-nous le budget 2025 pour comparer ? Aurons-nous les comptes 2025 ? Sans être exagérément pessimistes, notons que ces données ne sont pas disponibles sur la page "Budget et finances" du site internet de la Ville de Vichy.

lundi 20 mars 2023

Blaise Pascal, Trois discours sur la condition des grands, 1670

Voici, pour commémorer le 400ème anniversaire de la naissance de Pascal, un extrait des Trois discours sur la condition des grands.

 Je vous veux faire connaître, monsieur, votre condition véritable ; car c’est la chose du monde que les personnes de votre sorte ignorent le plus. Qu’est-ce, à votre avis, d’être grand seigneur ? C’est être maître de plusieurs objets de la concupiscence* des hommes, et ainsi pouvoir satisfaire aux besoins et aux désirs de plusieurs. Ce sont ces besoins et ces désirs qui les attirent auprès de vous, et qui font qu’ils se soumettent à vous : sans cela ils ne vous regarderaient pas seulement ; mais ils espèrent, par ces services et ces déférences qu’ils vous rendent, obtenir de vous quelque part de ces biens qu’ils désirent et dont ils voient que vous disposez.

Vous êtes de même environné d’un petit nombre de personnes, sur qui vous régnez en votre manière. Ces gens sont pleins de concupiscence. Ils vous demandent les biens de la concupiscence ; c’est la concupiscence qui les attache à vous. Vous êtes donc proprement un roi de concupiscence. Votre royaume est de peu d’étendue ; mais vous êtes égal en cela aux plus grands rois de la terre ; ils sont comme vous des rois de concupiscence. C’est la concupiscence qui fait leur force, c’est-à-dire la possession des choses que la cupidité des hommes désire.

Mais en connaissant votre condition naturelle, usez des moyens qu’elle vous donne, et ne prétendez pas régner par une autre voie que par celle qui vous fait roi. Ce n’est point votre force et votre puissance naturelle qui vous assujettit toutes ces personnes. Ne prétendez donc point les dominer par la force, ni les traiter avec dureté. Contentez leurs justes désirs ; soulagez leurs nécessités ; mettez votre plaisir à être bienfaisant ; avancez-les autant que vous le pourrez, et vous agirez en vrai roi de concupiscence.

Ce que je vous dis ne va pas bien loin ; et si vous en demeurez là, vous ne laisserez pas de vous perdre ; mais au moins vous vous perdrez en honnête homme. Il y a des gens qui se damnent si sottement, par l’avarice, par la brutalité, par les débauches, par la violence, par les emportements, par les blasphèmes ! Le moyen que je vous ouvre est sans doute plus honnête ; mais en vérité c’est toujours une grande folie que de se damner ; et c’est pourquoi il ne faut pas en demeurer là. Il faut mépriser la concupiscence et son royaume, et aspirer à ce royaume de charité où tous les sujets ne respirent que la charité, et ne désirent que les biens de la charité. D’autres que moi vous en diront le chemin : il me suffit de vous avoir détourné de ces vies brutales où je vois que plusieurs personnes de votre condition se laissent emporter faute de bien connaître l’état véritable de cette condition.


*Le mot concupiscence n'avait pas le même sens qu'aujourd'hui. Il pouvait désigner un penchant ou une inclination naturelle vers un bien sensible : le droit à la retraite par exemple 😊.

jeudi 23 juin 2022

Discours du Président Macron, 22 juin 2022

Extrait numéro UN 

"Le 24 avril, vous m’avez renouvelé votre confiance en m’élisant Président de la République.  Vous l'avez fait sur le fondement d’un projet clair, et en me donnant une légitimité claire."

Oui et non...

Dans notre démocratie, bien malade de l'abstention, Emmanuel Macron a été élu conformément à la Constitution, même s'il n'a été élu que par un faible pourcentage d'électeurs inscrits. A-t-il était élu par défaut, contre Marine Le Pen ? A-t-il était élu parce qu'il a été jugé plus apte que ses deux principaux concurrents à être Chef d'Etat ? Au fond peu importe.

Mais il n'a pas été élu pour son projet, pour le très peu de son projet qu'il a exposé lors des campagnes présidentielle et législative. Le résultat des élections législatives le prouve suffisamment.

Extrait numéro DEUX

" [...] un projet d'indépendance pour notre pays, la France et dans notre Europe  que nous devons rendre plus forte, qui passe par une défense forte et ambitieuse, une recherche  d'excellence, une industrie et une agriculture plus puissantes par des investissements d’avenir,  un projet de progrès sociaux, en particulier pour notre école et notre santé qu'il faut refonder,  sur lesquels nous devons réinvestir, un projet de progrès écologique par une planification et des  investissements assumés. Un projet de sécurité et de justice, mais aussi un projet responsable,  c'est-à-dire crédible et financé. [...] Tous ces progrès ne sauraient-être financés ni par plus d'impôts, ni par plus  de dette budgétaire et écologique."

Sachons lire entre les lignes...

La majorité présidentielle a été désavouée, sévèrement, malgré le mode de scrutin. Le Président va devoir répondre à cette attente, sauf à prendre le risque d'un mouvement social d'ampleur. Mais il prévient : il n'y aura pas d'impôt (c'est-à-dire pas d'impôts pour les entreprises, Roux de Bezieux a été clair lors de chacune de ses interventions).

Ceci signifie que les mesures prises, pour essayer d'éteindre l'incendie qui couve, vont être financées par les travailleurs eux-mêmes.

Soyons réalistes et préparons nous au pire. Non, la réforme des retraites n'est pas enterrée, non les économies sur la santé ne sont pas oubliées, non la casse des services publics n'est pas terminée.

Certes, on peut donner "du pouvoir d'achat" par l'exonération de l'impôts et des charges sur les heures supplémentaires et sur quelques primes ou sur la fameuse augmentation du "salaire net". La majorité présidentielle, la droite, l'extrême droite et, malheureusement, une partie de la gauche s'en accommoderont.

Mais attention, si l'absence de charges salariales correspond à une augmentation immédiate du pouvoir d'achat pour ceux qui en ont bien besoin, l'absence de charges patronales est un cadeau de plus aux entreprises, une diminution du coût, et donc de la valeur du travail, et une escroquerie de plus contre les finances de la Sécurité Sociale.

C'est un sujet complexe, difficile à expliquer dans les quelques phrase d'un "post" sur les réseaux sociaux, mais c'est un enjeu majeur.

Les communistes seront toujours là pour défendre l'augmentation du salaire BRUT. 


jeudi 16 juin 2022

Politique locale... pour sourire un peu

 Un hôpital en crise, un orage de grêle, le prix de l'essence, l'inflation... les vichyssoises et les vichyssois n'ont pas envie de rire. Heureusement, ils ont les comiques troupiers de la politique locale : le Maire de Vichy et son "opposante officielle", celle que La Montagne présente comme "la gauche à Vichy".

Le premier, petit soldat de Wauquiez, qui s'apprête à confier au privé des lignes ferroviaires régionales, déclare la main sur le cœur, devant les pompiers et le public nombreux venu les remercier, son admiration pour le service public.

La seconde, qui a obtenu moins de 5% aux élections législatives, explique, dans un discours très alambiqué, que sa méfiance envers Macron l'a conduite à voter pour une députée LRM (Ensemble).

Le drame, c'est que ce n'est ni une antiphrase, ni de l'ironie. C'est le discours habituel des politiciens professionnels et/ou anciens, qui sont capables de dire tout et n'importe quoi et qui ont une responsabilité dans l'abstention. 

vendredi 8 octobre 2021

En lisant La Montagne...

 

7 octobre

Les journalistes de La Montagne n’ont pas de chance. Hier, ils ont dû partir trop tôt ou arriver trop tard au "Sommet de l’élevage" ils n’ont vu ni Fabien Roussel, ni André Chassaigne, ni Jean-Paul Dufrègne.

 

La Montagne du 7 octobre nous le dit sur deux pleines pages : "la hausse du prix du carburant inquiète les entreprises". Quant à vous, salariés, agriculteurs, commerçants et artisans, vous êtes sans doute rassurés. Vous avez bien raison. La hausse du prix du carburant ne vous concerne pas.

 

8 octobre

Nous nous étonnions hier que La Montagne ne rende pas compte de la visite de Fabien Roussel au "Sommet de l’élevage". Les journalistes nous ont répondu qu’ils préparaient un article sur l’ensemble des visites des responsables politiques pour l’édition du 8 octobre.

Et c’est vrai qu’il fallait du temps pour préparer une telle charge contre la politique, pour ridiculiser les responsables politiques : "la foire", "l’animal politique", etc. Depuis 1958, les puissants, et la presse à leur service, dénigrent la politique et les partis. Au mieux, c’est tomber dans le populisme à la mode ; au pire, c’est réveiller le "tous pourris" des fascistes des années 30.

Certes, il y a pas mal de choses à corriger dans notre démocratie : le cumul des mandats, le népotisme, l’impunité, etc. Mais cela ne justifie pas de mettre tous les élus dans le même sac. Alexandre Varenne, qui était un élu local, qui a été secrétaire de rédaction de l’Humanité, qui a soutenu le front populaire, doit se retourner dans sa tombe quand il voit ce que son journal est devenu.

Les français ont besoin de politique pour ne pas laisser aux multinationales, aux grandes entreprises et aux médias qu’ils possèdent, le monopole du pouvoir.

 

samedi 3 juillet 2021

Démocratie représentative

 

Il y a, en France, environ 618.000 mandats électifs. C’est énorme, comparé à tous les pays développés. Bien sûr, compte tenu du cumul des mandats, largement pratiqué, cela correspond à beaucoup moins de personnes. Mais gardons ce nombre de 618.000. Cela représente 1,30 % des électeurs inscrits.

Sur la liste de Laurent Wauquiez, 182 candidats sur 204 sont des élus, soit plus de 89 %. Les 22 candidats qui ne sont pas des élus étant relégués, en général, à des places non éligibles.

Ce qui est plus grave, c’est qu’on pourrait dire à peu près la même chose des listes de gauche.

On nous dit parfois que la démocratie représentative est en crise. La cause profonde de la crise est peut-être que notre démocratie n’est plus représentative. La démocratie a été accaparée par les élus, les collaborateurs d’élus, les salariés des associations financées par les collectivités publiques. Tout un petit monde où on se reproduit entre soi.

Bien sûr, il ne s’agit pas de mettre tous les élus « dans le même sac », ni de nier l’importance de l’expérience, de la notoriété… mais il faut absolument, à chaque élection, présenter un pourcentage significatif de nouveaux candidats, qui ne soient pas des élus.

mardi 1 juin 2021

Et si l'on parlait du mode de scrutin...

 Beaucoup d’électeurs se désolent de la « division » à gauche. Et les partis qui se rêvent en tête de la gauche appellent à l’union, à leur profit.

Sans doute est-il utile de rappeler que nous vivons avec un système électoral qui n’est pas très démocratique. Depuis le début de la Cinquième République, sous prétexte de lutter contre l’instabilité (le « régime des partis », selon l’expression du Général de Gaulle) la droite et le Parti Socialiste - quand il a été au pouvoir - ont abandonné l’élection à la proportionnelle de liste, soit pour un scrutin uninominal (vote pour une personne) aux législatives, soit pour des binômes aux élections départementales, ce qui revient au même. Quand il s’agit encore d’un scrutin de liste, comme aux élections municipales et régionales, une « prime » importante est donnée à la liste arrivée en tête. Il existe enfin des règles pour exclure du second tour : aux élections départementales, les binômes arrivés en troisième position, s’ils n’ont pas obtenu 12,5 % des électeurs inscrits (ce qui, en période de forte abstention, est énorme), aux élections régionales les listes n’ayant pas obtenu 10 % des suffrages exprimés.

Outre qu’il n’est pas démocratique, ce système électoral oblige les partis qui veulent avoir des élus à s’unir et favorise des unions de circonstance, sur des programmes à minima, bâclés ou inexistants. La priorité n’est plus de défendre des intérêts, de promouvoir des politiques, mais d’obtenir des élus.

C’est un système qui tente d’imposer un bipartisme où un « centre gauche » et un « centre droit », ayant à peu près le même programme et ayant la même conception des « contraintes » de la politique économique, se succèdent. C’est un « changement » très médiatisé, présenté comme une alternance droite / gauche, pour que rien ne change.

Le parti communiste tombe évidemment dans ce piège et oublie trop souvent de mettre en avant la revendication d’un scrutin de liste proportionnel pour toutes les élections autres que l’élection présidentielle.

A défaut d’une représentation proportionnelle, les élus ne représentent pas l’opinion. C’est sans doute une des raisons de l’abstention et du rejet de la politique (même s’il y en a d’autres).

Contrairement aux idées reçues, il existe des solutions institutionnelles pour faire coexister des majorités relatives et un bon fonctionnement des pouvoirs publics, comme on a pu le voir pendant les cohabitations, comme on le voit dans de nombreux pays, comme on l’a vu dans l’histoire.

samedi 17 avril 2021

La Gauche est divisée...

 

La gauche est divisée, c’est une évidence. Dans le contexte actuel, c’est navrant. Les communistes ne s’y résignent pas. Même s’ils n’ont pas profité de « l’union de la gauche », c’est le moins qu’on puisse dire, ils ont été à l’initiative pour unir la gauche en vue des élections départementales et régionales. Rappelons que les élections locales n’ont pas pour but de changer le monde et qu’il est possible, localement, de mettre en œuvre, dans les régions et les départements, des politiques publiques plus attentives aux besoins du plus grand nombre.

Pour l’instant, la tentative d’unir la gauche contre la droite et LREM est plutôt un échec dans la plupart des régions et des départements. Cela tient surtout à la volonté d’hégémonie des Verts et de LFI. Cela tient aussi au veto prononcé par LFI contre le PS, particulièrement en Rhône-Alpes. Mais, bien sûr, c’est aux communistes qu’on va le reprocher en priorité. Nous avons l’habitude.

Simon Rötig a publié des « threads » sur ces sujets. Selon son habitude, il cite soigneusement ses sources. Il donne aussi son opinion. C’est normal, c’est évidemment son droit. C’est notre droit aussi de débattre. Nous le ferons sur deux points.

1. Simon Rötig note (c’est un fait) que Yannick Monnet, par ailleurs secrétaire départemental du Parti Communiste, a reçu la secrétaire générale de la Préfecture à l’Association Forum Réfugiés, dont il est cadre salarié. L’opinion de Simon Rötig est que Yannick Monnet « assure le Service Après-Vente de la Préfecture », dans un domaine – l’accueil des réfugiés – où la politique est pour le moins critiquable. Nous ne partageons pas cette analyse. Les fonctionnaires, les agents des services publics, les membres des associations d’utilité publique reçoive des ministres, des élus, des préfets dans le cadre de leurs fonctions. Cela n’implique pas qu’ils partagent les objectifs de la politique du gouvernement ou de la majorité en place. Cela relève simplement du service public dont une des qualités est la neutralité. En démocratie, les fonctionnaires, les salariés des services publics ou des associations ne sont pas responsables des politiques publiques.

2. Quand on évoque un responsable, un dirigeant, d’un parti politique, on écrit tout naturellement, en français, « responsable » ou « dirigeant », éventuellement « secrétaire général » ou une autre dénomination de ce type. Quand on parle d’un responsable du parti communiste on écrit un « apparatchik ». C’est devenu une habitude pour ceux qui remplacent la pensée par de la propagande. Mais c’est triste de lire ce mot sous la plume de Simon Rötig.

 *

La période qui s’ouvre est troublée. A la crise globale, sanitaire, économique sociale… s’ajoute la crise politique. Et pour les communistes, la crise est spécifique, ils sont divisés. Mais ils débattent. Cécile Cukierman brandit la menace d’une exclusion. Nous savons, depuis les Grecs anciens, que la rhétorique est au cœur de la politique, une campagne électorale est une scène de théâtre. Souhaitons que les vieilles pratiques de l’exclusion en restent au discours et ne reviennent pas à la mode.

Mes chers amis communistes, sympathisants, lecteurs de ce blog, permettez-moi de formuler un vœu : même si vous êtes un peu désorientés, déçus, en colère, continuez de débattre, fraternellement. Et continuez de lire Simon Rötig, ses informations et ses analyses sont précieuses.

mardi 19 janvier 2021

Démocratie et transparence à Vichy

 

Le lundi 18 janvier 2021, la police municipale a interdit l’accès à la séance du conseil municipal à des citoyens. C’est une violation de l’article L2121-18 du Code général des collectivités territoriales.

Ce que le gouvernement n’avait pas osé faire, malgré l’Etat d’urgence sanitaire – suspendre l’application d’une loi fondamentale pour la démocratie locale et la transparence – le maire de Vichy l’a fait.

Notons tout de suite que si la motivation du maire avait été la sauvegarde de la santé publique ou le respect du couvre-feu, il aurait pu utiliser le même article L2121-18 qui prévoit que les « séances peuvent être retransmises par les moyens de communication audiovisuelle ».

Le plus cocasse, c’est que les policiers municipaux, interpelés sur le caractère illégal de leur interdiction, ont déclaré (humour sans doute involontaire) que ce n’était pas grave puisque des journalistes étaient présents. Quand on sait à quel point La Montagne de Vichy défend le pluralisme en matière d’information municipale, c’est assez inquiétant.

D’ailleurs le journal du 19 janvier, page 9, détaille longuement un « débat » sur la vaccination, sujet qui n’est pas de la compétence de la commune, et nous « informe » que la « la première séance de l’année 2021 » a été « relativement courte » et, « entre plusieurs délibérations plus techniques », n’évoque que deux subventions, pour un montant total de 4.800 euros.

Circulez, il n’y a rien à voir.

Le maire de Vichy tweete, ou plutôt retweete, tous les jours, contre LFI, les écologistes, le RN (plus modérément), toujours sur des sujets nationaux, comme s’il ne se passait rien à Vichy. Ou plus exactement comme s’il n’y avait aucun problème.

Les politiques publiques à Vichy sont affaire de techniciens, de spécialistes. C’est ce que l’on qualifie par ce vieux mot remis à la mode : la gouvernance (il y avait d’ailleurs, à l’ordre du jour du conseil municipal du 18 janvier, un « pacte de gouvernance » dont nous ne saurons rien). Il n’est pas question d'exercice du pouvoir, encore moins de choisir entre des intérêts contradictoires, non, c’est une affaire de professionnels auxquels le bon peuple doit faire confiance.

Il y a peut-être là une des raisons de la défiance des citoyens à l’encontre des élus et des moyens d’information. Ce n’est pas du tout notre conception de la démocratie locale.

vendredi 4 décembre 2020

Démocratie locale à Vichy !

 


Jeudi 3 décembre, prenant prétexte de la pandémie, l’entrée de la salle des délibérations du Conseil communautaire a été interdite au public… qui a dû menacer de demander l’annulation des délibérations pour pouvoir entrer dans une salle plus qu’à moitié vide (et dans laquelle certains élus n’étaient pas exemplaires pour les gestes barrières).

 Faut-il choisir entre transparence et coronavirus ? Bonne aubaine pour le Président de Vichy Communauté : c’est ni l’un ni l’autre.

lundi 30 novembre 2020

Une loi dans un bourbier

 Les trois groupes de la majorité ont décidé de "récrire l'article 24" de la loi sécurité globale.

Le problème est que ces trois groupes, avec la droite et le Rassemblement National, ont voté cet article ! L'ont-ils déjà oublié ? Ou leur incompétence est-elle au-delà de l'imaginable ?

La proposition de loi, même si le pouvoir exécutif va tout faire pour la ralentir, va aller au Sénat, seul compétent pour récrire.

Les députés LREM, aussi arrogants que nuls en droit constitutionnel, ont maintenu qu'ils allaient récrire et que les sénateurs pourraient s'inspirer de leur travail. Quelle prétention et quel culot. Ils ont rappelé que, si les sénateurs n'étaient pas d'accord, c'est le texte de l'Assemblée qui s'imposerait. Quel mépris pour le Sénat.

Le ministre de l'intérieur, quelques députés et un syndicat de policiers assez peu républicains écrivent une loi. Les députés LREM, obéissants, dont la députée de Vichy, votent ce texte et le défendent. Au bout du compte, si l'on en croit les déclarations officieuses, mais soigneusement communiquées à la presse, le Président de la République, le Premier Ministre et probablement le ministre de la Justice les désavouent.

Les Républicains se réjouissent, ils ont voté la loi pour plaire à l'électorat d'extrême droite qu'ils convoitent et ils se moquent du gouvernement et de sa majorité, qui le méritent.

Il faut faire un gros effort de vocabulaire, consulter des dictionnaires de synonymes pour éviter d'être grossier : disons que le gouvernement et sa majorité sont dans un bourbier.

Pour le moment il est urgent que les journalistes, les syndicats, les associations et les partis politiques, toute la jeunesse mobilisée, qui défendent la liberté, continuent d'exiger le retrait de toute la loi.

 


samedi 28 novembre 2020

Manifestation à Vichy

 

Le quinquennat, récent, le scrutin uninominal à deux tours, plus ancien, ont discrédité l’Assemblée Nationale et le pouvoir législatif. La « majorité » à l’Assemblée n’a plus rien à voir avec une représentation des françaises et des français. C’est encore plus évident quand l’abstention est importante.

Les députés MACRON, entrés en masse dans le sillage du Président de la République, ont décidé d’exister. Ils ont élaboré une proposition de loi, c’est-à-dire une loi d’initiative parlementaire.

Mais celles et ceux qu’on appelle les députés Playmobil (on disait « godillots », du temps du général de Gaulle) ne sont apparemment même pas capables de s’improviser législateurs. Le Président de la République, le Premier Ministre, ne savent plus que faire de cette proposition de loi qui ne plaît qu’à Monsieur Darmanin, à Madame Le Pen et à une fraction un peu nauséabonde de la police. Même François-Xavier Bellamy, dans Le Figaro, critique une loi "aussi superflue pour la protection des forces de l’ordre que nuisible à la liberté de la presse" !

 

Il y a quatre jours @B_Peyrol tweetait "Pourquoi je voterai pour la proposition de loi sécurité globale, et son article 24". Depuis, en plein désarroi, elle retweete les déclarations des uns et des autres, déclarations souvent contradictoires. Et, bien sûr, elle se cache derrière Francis Chouat pour dire que c’est de la faute "des ultras gauche &droite".

Lamentable.

 

Samedi 28 novembre, au cours d’une manifestation caractérisée par la jeunesse des organisateurs et des participants, 350 vichyssois(es) ont demandé le retrait de la loi de sécurité globale.

 

vendredi 27 novembre 2020

La loi "sécurité globale"

 

E. Macron était un jeune candidat, il est devenu un très jeune président. Dans son sillage, de jeunes député(e)s ont été élu(e)s. Une jeune (et nouvelle) communiste me disait hier que des jeunes ont cru un moment que ce changement de génération allait changer les choses. Elle me disait aussi combien a été rapide et profonde leur déception.

C’est que la jeunesse ne suffit pas à garantir contre un virage à droite, et même parfois à droite de la droite.

Le ministre de l’intérieur a voulu la loi sur la sécurité, en particulier son article 24, pour plaire à la fraction la plus inquiétante de la police et au Rassemblement National. La députée de Vichy a longuement défendu cette loi, et cet article 24, sur les réseaux sociaux : « Je vais voter la proposition de loi sécurité globale, y compris son article 24 » écrit-elle sur Facebook le 24 novembre à 16h02.

Non mesdames et messieurs les ministres et les député(e)s il n’y a pas que «l’ultragauche» qui souligne les dérives de la police française et l’impunité de leurs auteurs, mais aussi les ONG, la presse et des organisations internationales… Samedi 28 novembre, à 15h, place Charles de Gaulle à Vichy, comme partout en France, beaucoup de partis, d’associations, de syndicats, demandent aux démocrates de manifester.

Aujourd’hui, le Premier Ministre aimerait bien se sortir de ce bourbier. Il essaie d’embarquer le président de la Commission Consultative des Droits de l’Homme. Suffira-t-il à nous protéger de l’incompétence des jeunes député(e)s, prêt(e)s au pire pour ramasser les voix de l’extrême droite ?

*

Le comble du cynisme est clairement exposé par un journaliste d'Europe 1 : "le président est sur une ligne de crête : il a besoin de Gérald Darmanin pour capter des soutiens à droite, mais si ce dernier va trop loin, il risque aussi de perdre son électorat plus modéré".

Jeunes lycéens, jeunes étudiants, voici pour vos révisions du bac ou votre culture générale quelques citations de Machiavel :

"Gouverner, c'est mettre vos sujets hors d'état de vous nuire et même d'y penser."

"Gouverner, c'est faire croire."

"Que pour être efficace il faut cacher ses intentions !"

Quand je pense qu'on nous a fait croire que Macron était disciple de Paul Ricoeur !


mardi 24 novembre 2020

Une députée soucieuse de vos problèmes

 

Bénédicte Peyrol est députée LREM de Vichy. Peut-être ne le saviez-vous pas ? Pourtant, ce n’est pas faute, pour La Montagne, de nous le rappeler très souvent !

Dans un article du 24 novembre 2020, le journaliste se préoccupe des contraintes de notre députée pour le travail parlementaire en période de confinement : à Paris la moitié de la semaine (heureusement une semaine sur deux), « beaucoup d’échanges téléphoniques, de visioconférences aussi ». Pauvrette, tout cela pour seulement 7185,60 euros brut par mois.

Mais le journaliste est bien obligé de parler un peu de la vie réelle et notamment de la loi « dite de sécurité globale ». Très perspicace, il sent de l’électricité dans l’air et demande à la députée si elle ressent la même chose. Oui, bien sûr, elle sent « vraiment une colère terrible ».

A-t-elle rencontré des chômeurs, des intérimaires, des personnes en réelle difficulté ? Non, elle ne peut pas, alors que les français sont confinés, s’offrir le luxe d’aller sur le terrain. Elle a donc rencontré un chef d’entreprise. Imaginez-vous qu’avec les règles sanitaires en vigueur, il peut vendre un tournevis mais pas une visseuse électrique. C’est « hallucinant » nous dit-elle ; elle a aussitôt écrit à Bruno Lemaire.

Quant à l’hôpital de Vichy, elle a promis, il y a presque un mois, d’y aller « prochainement ».

Heureusement, le journaliste a de l’humour (involontaire ?) et le coronavirus n’est pas absent. Bénédicte Peyrol échange « avec TOUX ceux qui la sollicitent » écrit-il. J’espère que, pour la TOUX, c’est dans son coude.

vendredi 20 novembre 2020

Bientôt l'hiver pour nos libertés

 

Darmanin, c'est-à-dire le Président de la République et LREM, veut contrôler (sous le prétexte fallacieux de « protéger ») les journalistes qui rendront compte d’une manifestation.

 

Toutes les télévisions, toutes les radios, tous les journaux et hebdomadaires ont signé une tribune pour dire qu’ils n’appliqueront pas la loi "Sécurité globale" de Darmanin, soutenue par le Rassemblement National et la droite.

C’est très important, il s’agit de nos libertés.

 

*

 

La loi "Sécurité globale" : la France rappelée à l'ordre par l'ONU

 

"Lundi, l’ONU a donc rappelé que “la publication d’images et d’enregistrements relatifs à des interventions de police sont non seulement essentiels pour le respect du droit à l’information, mais elles sont en outre légitimes dans le cadre du contrôle démocratique”.

Les rapporteurs regrettent aussi le manque de précision de l’atteinte à “l’intégrité physique ou psychique”, ce qui pourrait “décourager, voire sanctionner les vidéastes, journalistes ou citoyens.

L’absence de ces images “pourrait notamment empêcher que soient documentés d’éventuels abus d’usage excessif de la force par les forces de l’ordre”, ajoute le rapport."

 

Dans une démocratie, la population a besoin d’avoir confiance dans sa police et la police a besoin de la confiance de la population. Ne laissons pas le RN, et ses relais, bouleverser notre société.

dimanche 15 novembre 2020

Ce maudit virus va-t-il tuer aussi la raison ?

 

Il y a des virologues ou des virologistes pour mieux connaître les virus, il y a des immunologistes qui connaissent le fonctionnement du système immunitaire, un(e) infectiologue peut être consulté(e) s’il y a un doute sur la cause de l’infection, il y a des pneumologues pour soigner le système respiratoire, il y a des réanimateurs(trices), etc. Il y a l’épidémiologie, qui étudie les problèmes de santé dans une population humaine, avec des connaissances médicales, statistiques, sociologiques, etc.

Il y a enfin des responsables qui doivent concevoir des politiques de santé publique.

Et puis il y a des imbéciles qui n’ont aucune idée des dizaines d’années d’études et de pratique qu’il faut pour former les spécialistes ci-dessus. Ils sont souvent sympathisants du RN, mais pas toujours. Ils savent tout sur tout. Ils sont incapables de concevoir une pensée complexe. Ils ont UNE idée, à laquelle tout doit être ramené. Cette idée est parfois liée à un objectif partisan, sans lien avec la santé ou l'économie.

Pourtant, il faudrait arriver à analyser des réalités complexes et bâtir une politique qui tienne compte de tous les éléments contradictoires auxquels nous sommes confrontés. Il faudrait y mettre plus de démocratie - comme le propose Fabien Roussel - pour que cette politique soit mieux adaptée et mieux comprise.

Il y a bien longtemps, le philosophe Alain le disait :

« Une folie commune en tous les temps est de croire que si l’on tient ferme à l’un des termes de la contradiction, l’autre terme nous laissera tranquille. En bref, penser n’est pas une position de repos, ni une position de repli. »

Ce maudit virus va-t-il tuer aussi la raison ?

jeudi 12 novembre 2020

Qui se préoccupe des étudiants ?

 

Une professeure d’université s’interroge :

 

« Qui se préoccupe des étudiants ? Pas les médias en tout cas, ni le gouvernement qui pense avoir réglé le problème en fermant les universités. Qui parle de leur solitude, de leur chambre minuscule, de leurs difficultés à suivre des cours en ligne sans réseau adapté, avec de vieux ordinateurs ? Qui parle de leurs difficultés financières, quand leurs petits boulots n'ont pas été renouvelés ? Qui parle de leur impossibilité à trouver des stages ? A imaginer une seconde trouver un emploi à la sortie de leurs études ? Personne. Tout le monde s'en fout. Seul le personnel de l'université s'en préoccupe, dans l'indifférence et le mépris général. »

*

Madame, ne soyez pas si pessimiste, nous sommes heureux de pouvoir vous rassurer, les sénateurs LR, LREM et AGIR (tous les amis du Maire de Vichy, tous ceux qu'il représente localement et qu'il soutient) ont un grand souci des étudiants. Ils viennent de voter un article 20 bis de la loi de programmation de la recherche qui punit d’un an d’emprisonnement et 7.500 euros d’amende les étudiants qui manifesteraient dans leur université pour défendre leurs droits et alerter sur leur situation. A condition, bien sûr, qu’ils manifestent individuellement. S’ils manifestent « en réunion », c’est trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.

La Gauche

 Je n'aime pas beaucoup les expressions "gauche radicale", "vraie gauche", "gauche de rupture", etc. Pour ...