mardi 1 juin 2021

Et si l'on parlait du mode de scrutin...

 Beaucoup d’électeurs se désolent de la « division » à gauche. Et les partis qui se rêvent en tête de la gauche appellent à l’union, à leur profit.

Sans doute est-il utile de rappeler que nous vivons avec un système électoral qui n’est pas très démocratique. Depuis le début de la Cinquième République, sous prétexte de lutter contre l’instabilité (le « régime des partis », selon l’expression du Général de Gaulle) la droite et le Parti Socialiste - quand il a été au pouvoir - ont abandonné l’élection à la proportionnelle de liste, soit pour un scrutin uninominal (vote pour une personne) aux législatives, soit pour des binômes aux élections départementales, ce qui revient au même. Quand il s’agit encore d’un scrutin de liste, comme aux élections municipales et régionales, une « prime » importante est donnée à la liste arrivée en tête. Il existe enfin des règles pour exclure du second tour : aux élections départementales, les binômes arrivés en troisième position, s’ils n’ont pas obtenu 12,5 % des électeurs inscrits (ce qui, en période de forte abstention, est énorme), aux élections régionales les listes n’ayant pas obtenu 10 % des suffrages exprimés.

Outre qu’il n’est pas démocratique, ce système électoral oblige les partis qui veulent avoir des élus à s’unir et favorise des unions de circonstance, sur des programmes à minima, bâclés ou inexistants. La priorité n’est plus de défendre des intérêts, de promouvoir des politiques, mais d’obtenir des élus.

C’est un système qui tente d’imposer un bipartisme où un « centre gauche » et un « centre droit », ayant à peu près le même programme et ayant la même conception des « contraintes » de la politique économique, se succèdent. C’est un « changement » très médiatisé, présenté comme une alternance droite / gauche, pour que rien ne change.

Le parti communiste tombe évidemment dans ce piège et oublie trop souvent de mettre en avant la revendication d’un scrutin de liste proportionnel pour toutes les élections autres que l’élection présidentielle.

A défaut d’une représentation proportionnelle, les élus ne représentent pas l’opinion. C’est sans doute une des raisons de l’abstention et du rejet de la politique (même s’il y en a d’autres).

Contrairement aux idées reçues, il existe des solutions institutionnelles pour faire coexister des majorités relatives et un bon fonctionnement des pouvoirs publics, comme on a pu le voir pendant les cohabitations, comme on le voit dans de nombreux pays, comme on l’a vu dans l’histoire.

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