mercredi 8 avril 2026

 

Débat d’orientations budgétaires au Conseil municipal, 7 avril 2026

La dette par habitant

L’Union des Gauches Vichyssoise a évoqué le problème de la dette. L’adjointe chargée des finances et le maire nous expliquent longuement que nous n’y comprenons rien. Lorsque nous remarquons que la dette du budget principal par habitant est le triple de la moyenne nationale (et que la dette consolidée représente quatre ans d’impôts directs locaux) le maire nous explique que cette façon de calculer est bassement "politique", digne de l’opposition ; les vrais gestionnaires, dit-il, n’utilisent pas la dette par habitant, mais la capacité de désendettement. C’est un point de vue qui ne va pas plaire à la Chambre régionale des comptes qui, dans son Rapport d’observations définitives – Commune de Vichy du 8 octobre 2018, page 52/95, utilise la dette par habitant !

Le maire, condescendant et amusé, comprend que l’opposition, qui n’a rien à proposer, parle de la dette. Rappelons-lui que dans son rapport de 95 pages la Chambre régionale des comptes utilise 45 fois les mots "dette" ou "endettement". Et si la dette était vraiment un problème…

La capacité de désendettement

Bien sûr l’Union des Gauches Vichyssoise n’a pas ignoré la capacité de désendettement pour étudier la dette de Vichy. Sur un ton professoral, et un peu méprisant, l’adjointe chargée des finances, et le maire, nous ont expliqué que la dette consolidée devait être comparée à l’épargne brute consolidée, et pas seulement à l’épargne brute du budget principal. Nous n’aurions pas eu besoin de cette leçon pour calculer correctement la capacité de désendettement sur la dette consolidée, si nous avions eu les données. Malheureusement c’était impossible. Le Rapport d’Orientations Budgétaires 2026 ne contenant aucune données sur les budgets annexes. Ces données, qui existaient en 2025, ont disparu en 2026.

Le rapport d'orientations budgétaires

Et c’est bien le problème de ce "débat" d’orientation budgétaire. Il s’appuie sur un "rapport" (ROB) qui ressemble à un PowerPoint de présentation d’un vrai rapport, digne de ce nom, qui lui n’existe pas. Très incomplet, si on le compare aux nombreux ROB disponibles sur internet, le ROB de Vichy change de structure entre 2025 et 2026, empêchant ainsi toute comparaison. Il contient même une erreur, page 17 (numéro de page reconstitué, dans un document non paginé), probablement une simple erreur de report, mais comme les données équivalentes n’existent pas dans le ROB 2025, nous n’avons pas pu identifier l’erreur. Monsieur le maire, avant d’envoyer le ROB à la Préfecture, vérifiez et corrigez la page 17 pour l’année 2023 : la dette au 31/12/2022, 54.824.556, moins l’amortissement de la dette en 2023, -5.300.122, plus le nouvel emprunt 2023, 10.244.000, ça ne fait pas 58.024.556 ; il y a une erreur de 1.744.000.

Cette correction sera la preuve que notre opposition est constructive 😊.

Un vrai débat sur la structure des dépenses n'a pas pu avoir lieu

Nous sommes d’accord avec le maire de Vichy sur un point : le débat d’orientations budgétaires ne doit pas se focaliser sur la dette, qui n’est qu’un des cinq points du ROB prévus par l’ordonnance du 12 juin 2025. Nous aurions aimé parler de "la structure et [de] l’évolution des dépenses". Malheureusement, en guise de structure des dépenses (de fonctionnement) nous avons eu droit à trois lignes (Dépenses de personnel/Charges à caractère général/Autres charges courantes). Difficile dans ces conditions de débattre de la "structure des dépenses".

Et, par exemple, pour faire face à un taux de pauvreté de 23% en moyenne à Vichy, dont 32% pour les moins de 30 ans, 33% pour les 30 à 39 ans et 30% pour les 40 à 49 ans (source INSEE), nous aurions aimé pouvoir débattre des moyens du CCAS : moyens accrus pour répondre aux besoins, moyens maintenus (dotation 2025 + inflation) … Le ROB nous dit que la subvention de la ville au CCAS sera maintenue à "un haut niveau". Chef d’œuvre de langue de bois.

Le vrai "débat" aura-t-il lieu lors du vote du budget ? Aurons-nous le budget 2025 pour comparer ? Aurons-nous les comptes 2025 ? Sans être exagérément pessimistes, notons que ces données ne sont pas disponibles sur la page "Budget et finances" du site internet de la Ville de Vichy.

lundi 20 mars 2023

Blaise Pascal, Trois discours sur la condition des grands, 1670

Voici, pour commémorer le 400ème anniversaire de la naissance de Pascal, un extrait des Trois discours sur la condition des grands.

 Je vous veux faire connaître, monsieur, votre condition véritable ; car c’est la chose du monde que les personnes de votre sorte ignorent le plus. Qu’est-ce, à votre avis, d’être grand seigneur ? C’est être maître de plusieurs objets de la concupiscence* des hommes, et ainsi pouvoir satisfaire aux besoins et aux désirs de plusieurs. Ce sont ces besoins et ces désirs qui les attirent auprès de vous, et qui font qu’ils se soumettent à vous : sans cela ils ne vous regarderaient pas seulement ; mais ils espèrent, par ces services et ces déférences qu’ils vous rendent, obtenir de vous quelque part de ces biens qu’ils désirent et dont ils voient que vous disposez.

Vous êtes de même environné d’un petit nombre de personnes, sur qui vous régnez en votre manière. Ces gens sont pleins de concupiscence. Ils vous demandent les biens de la concupiscence ; c’est la concupiscence qui les attache à vous. Vous êtes donc proprement un roi de concupiscence. Votre royaume est de peu d’étendue ; mais vous êtes égal en cela aux plus grands rois de la terre ; ils sont comme vous des rois de concupiscence. C’est la concupiscence qui fait leur force, c’est-à-dire la possession des choses que la cupidité des hommes désire.

Mais en connaissant votre condition naturelle, usez des moyens qu’elle vous donne, et ne prétendez pas régner par une autre voie que par celle qui vous fait roi. Ce n’est point votre force et votre puissance naturelle qui vous assujettit toutes ces personnes. Ne prétendez donc point les dominer par la force, ni les traiter avec dureté. Contentez leurs justes désirs ; soulagez leurs nécessités ; mettez votre plaisir à être bienfaisant ; avancez-les autant que vous le pourrez, et vous agirez en vrai roi de concupiscence.

Ce que je vous dis ne va pas bien loin ; et si vous en demeurez là, vous ne laisserez pas de vous perdre ; mais au moins vous vous perdrez en honnête homme. Il y a des gens qui se damnent si sottement, par l’avarice, par la brutalité, par les débauches, par la violence, par les emportements, par les blasphèmes ! Le moyen que je vous ouvre est sans doute plus honnête ; mais en vérité c’est toujours une grande folie que de se damner ; et c’est pourquoi il ne faut pas en demeurer là. Il faut mépriser la concupiscence et son royaume, et aspirer à ce royaume de charité où tous les sujets ne respirent que la charité, et ne désirent que les biens de la charité. D’autres que moi vous en diront le chemin : il me suffit de vous avoir détourné de ces vies brutales où je vois que plusieurs personnes de votre condition se laissent emporter faute de bien connaître l’état véritable de cette condition.


*Le mot concupiscence n'avait pas le même sens qu'aujourd'hui. Il pouvait désigner un penchant ou une inclination naturelle vers un bien sensible : le droit à la retraite par exemple 😊.

jeudi 23 juin 2022

Discours du Président Macron, 22 juin 2022

Extrait numéro UN 

"Le 24 avril, vous m’avez renouvelé votre confiance en m’élisant Président de la République.  Vous l'avez fait sur le fondement d’un projet clair, et en me donnant une légitimité claire."

Oui et non...

Dans notre démocratie, bien malade de l'abstention, Emmanuel Macron a été élu conformément à la Constitution, même s'il n'a été élu que par un faible pourcentage d'électeurs inscrits. A-t-il était élu par défaut, contre Marine Le Pen ? A-t-il était élu parce qu'il a été jugé plus apte que ses deux principaux concurrents à être Chef d'Etat ? Au fond peu importe.

Mais il n'a pas été élu pour son projet, pour le très peu de son projet qu'il a exposé lors des campagnes présidentielle et législative. Le résultat des élections législatives le prouve suffisamment.

Extrait numéro DEUX

" [...] un projet d'indépendance pour notre pays, la France et dans notre Europe  que nous devons rendre plus forte, qui passe par une défense forte et ambitieuse, une recherche  d'excellence, une industrie et une agriculture plus puissantes par des investissements d’avenir,  un projet de progrès sociaux, en particulier pour notre école et notre santé qu'il faut refonder,  sur lesquels nous devons réinvestir, un projet de progrès écologique par une planification et des  investissements assumés. Un projet de sécurité et de justice, mais aussi un projet responsable,  c'est-à-dire crédible et financé. [...] Tous ces progrès ne sauraient-être financés ni par plus d'impôts, ni par plus  de dette budgétaire et écologique."

Sachons lire entre les lignes...

La majorité présidentielle a été désavouée, sévèrement, malgré le mode de scrutin. Le Président va devoir répondre à cette attente, sauf à prendre le risque d'un mouvement social d'ampleur. Mais il prévient : il n'y aura pas d'impôt (c'est-à-dire pas d'impôts pour les entreprises, Roux de Bezieux a été clair lors de chacune de ses interventions).

Ceci signifie que les mesures prises, pour essayer d'éteindre l'incendie qui couve, vont être financées par les travailleurs eux-mêmes.

Soyons réalistes et préparons nous au pire. Non, la réforme des retraites n'est pas enterrée, non les économies sur la santé ne sont pas oubliées, non la casse des services publics n'est pas terminée.

Certes, on peut donner "du pouvoir d'achat" par l'exonération de l'impôts et des charges sur les heures supplémentaires et sur quelques primes ou sur la fameuse augmentation du "salaire net". La majorité présidentielle, la droite, l'extrême droite et, malheureusement, une partie de la gauche s'en accommoderont.

Mais attention, si l'absence de charges salariales correspond à une augmentation immédiate du pouvoir d'achat pour ceux qui en ont bien besoin, l'absence de charges patronales est un cadeau de plus aux entreprises, une diminution du coût, et donc de la valeur du travail, et une escroquerie de plus contre les finances de la Sécurité Sociale.

C'est un sujet complexe, difficile à expliquer dans les quelques phrase d'un "post" sur les réseaux sociaux, mais c'est un enjeu majeur.

Les communistes seront toujours là pour défendre l'augmentation du salaire BRUT. 


jeudi 16 juin 2022

Politique locale... pour sourire un peu

 Un hôpital en crise, un orage de grêle, le prix de l'essence, l'inflation... les vichyssoises et les vichyssois n'ont pas envie de rire. Heureusement, ils ont les comiques troupiers de la politique locale : le Maire de Vichy et son "opposante officielle", celle que La Montagne présente comme "la gauche à Vichy".

Le premier, petit soldat de Wauquiez, qui s'apprête à confier au privé des lignes ferroviaires régionales, déclare la main sur le cœur, devant les pompiers et le public nombreux venu les remercier, son admiration pour le service public.

La seconde, qui a obtenu moins de 5% aux élections législatives, explique, dans un discours très alambiqué, que sa méfiance envers Macron l'a conduite à voter pour une députée LRM (Ensemble).

Le drame, c'est que ce n'est ni une antiphrase, ni de l'ironie. C'est le discours habituel des politiciens professionnels et/ou anciens, qui sont capables de dire tout et n'importe quoi et qui ont une responsabilité dans l'abstention. 

vendredi 8 octobre 2021

En lisant La Montagne...

 

7 octobre

Les journalistes de La Montagne n’ont pas de chance. Hier, ils ont dû partir trop tôt ou arriver trop tard au "Sommet de l’élevage" ils n’ont vu ni Fabien Roussel, ni André Chassaigne, ni Jean-Paul Dufrègne.

 

La Montagne du 7 octobre nous le dit sur deux pleines pages : "la hausse du prix du carburant inquiète les entreprises". Quant à vous, salariés, agriculteurs, commerçants et artisans, vous êtes sans doute rassurés. Vous avez bien raison. La hausse du prix du carburant ne vous concerne pas.

 

8 octobre

Nous nous étonnions hier que La Montagne ne rende pas compte de la visite de Fabien Roussel au "Sommet de l’élevage". Les journalistes nous ont répondu qu’ils préparaient un article sur l’ensemble des visites des responsables politiques pour l’édition du 8 octobre.

Et c’est vrai qu’il fallait du temps pour préparer une telle charge contre la politique, pour ridiculiser les responsables politiques : "la foire", "l’animal politique", etc. Depuis 1958, les puissants, et la presse à leur service, dénigrent la politique et les partis. Au mieux, c’est tomber dans le populisme à la mode ; au pire, c’est réveiller le "tous pourris" des fascistes des années 30.

Certes, il y a pas mal de choses à corriger dans notre démocratie : le cumul des mandats, le népotisme, l’impunité, etc. Mais cela ne justifie pas de mettre tous les élus dans le même sac. Alexandre Varenne, qui était un élu local, qui a été secrétaire de rédaction de l’Humanité, qui a soutenu le front populaire, doit se retourner dans sa tombe quand il voit ce que son journal est devenu.

Les français ont besoin de politique pour ne pas laisser aux multinationales, aux grandes entreprises et aux médias qu’ils possèdent, le monopole du pouvoir.

 

samedi 3 juillet 2021

Démocratie représentative

 

Il y a, en France, environ 618.000 mandats électifs. C’est énorme, comparé à tous les pays développés. Bien sûr, compte tenu du cumul des mandats, largement pratiqué, cela correspond à beaucoup moins de personnes. Mais gardons ce nombre de 618.000. Cela représente 1,30 % des électeurs inscrits.

Sur la liste de Laurent Wauquiez, 182 candidats sur 204 sont des élus, soit plus de 89 %. Les 22 candidats qui ne sont pas des élus étant relégués, en général, à des places non éligibles.

Ce qui est plus grave, c’est qu’on pourrait dire à peu près la même chose des listes de gauche.

On nous dit parfois que la démocratie représentative est en crise. La cause profonde de la crise est peut-être que notre démocratie n’est plus représentative. La démocratie a été accaparée par les élus, les collaborateurs d’élus, les salariés des associations financées par les collectivités publiques. Tout un petit monde où on se reproduit entre soi.

Bien sûr, il ne s’agit pas de mettre tous les élus « dans le même sac », ni de nier l’importance de l’expérience, de la notoriété… mais il faut absolument, à chaque élection, présenter un pourcentage significatif de nouveaux candidats, qui ne soient pas des élus.

mardi 1 juin 2021

Et si l'on parlait du mode de scrutin...

 Beaucoup d’électeurs se désolent de la « division » à gauche. Et les partis qui se rêvent en tête de la gauche appellent à l’union, à leur profit.

Sans doute est-il utile de rappeler que nous vivons avec un système électoral qui n’est pas très démocratique. Depuis le début de la Cinquième République, sous prétexte de lutter contre l’instabilité (le « régime des partis », selon l’expression du Général de Gaulle) la droite et le Parti Socialiste - quand il a été au pouvoir - ont abandonné l’élection à la proportionnelle de liste, soit pour un scrutin uninominal (vote pour une personne) aux législatives, soit pour des binômes aux élections départementales, ce qui revient au même. Quand il s’agit encore d’un scrutin de liste, comme aux élections municipales et régionales, une « prime » importante est donnée à la liste arrivée en tête. Il existe enfin des règles pour exclure du second tour : aux élections départementales, les binômes arrivés en troisième position, s’ils n’ont pas obtenu 12,5 % des électeurs inscrits (ce qui, en période de forte abstention, est énorme), aux élections régionales les listes n’ayant pas obtenu 10 % des suffrages exprimés.

Outre qu’il n’est pas démocratique, ce système électoral oblige les partis qui veulent avoir des élus à s’unir et favorise des unions de circonstance, sur des programmes à minima, bâclés ou inexistants. La priorité n’est plus de défendre des intérêts, de promouvoir des politiques, mais d’obtenir des élus.

C’est un système qui tente d’imposer un bipartisme où un « centre gauche » et un « centre droit », ayant à peu près le même programme et ayant la même conception des « contraintes » de la politique économique, se succèdent. C’est un « changement » très médiatisé, présenté comme une alternance droite / gauche, pour que rien ne change.

Le parti communiste tombe évidemment dans ce piège et oublie trop souvent de mettre en avant la revendication d’un scrutin de liste proportionnel pour toutes les élections autres que l’élection présidentielle.

A défaut d’une représentation proportionnelle, les élus ne représentent pas l’opinion. C’est sans doute une des raisons de l’abstention et du rejet de la politique (même s’il y en a d’autres).

Contrairement aux idées reçues, il existe des solutions institutionnelles pour faire coexister des majorités relatives et un bon fonctionnement des pouvoirs publics, comme on a pu le voir pendant les cohabitations, comme on le voit dans de nombreux pays, comme on l’a vu dans l’histoire.

  Débat d’orientations budgétaires au Conseil municipal, 7 avril 2026 La dette par habitant L’Union des Gauches Vichyssoise a évoqué le prob...