samedi 17 avril 2021

La Gauche est divisée...

 

La gauche est divisée, c’est une évidence. Dans le contexte actuel, c’est navrant. Les communistes ne s’y résignent pas. Même s’ils n’ont pas profité de « l’union de la gauche », c’est le moins qu’on puisse dire, ils ont été à l’initiative pour unir la gauche en vue des élections départementales et régionales. Rappelons que les élections locales n’ont pas pour but de changer le monde et qu’il est possible, localement, de mettre en œuvre, dans les régions et les départements, des politiques publiques plus attentives aux besoins du plus grand nombre.

Pour l’instant, la tentative d’unir la gauche contre la droite et LREM est plutôt un échec dans la plupart des régions et des départements. Cela tient surtout à la volonté d’hégémonie des Verts et de LFI. Cela tient aussi au veto prononcé par LFI contre le PS, particulièrement en Rhône-Alpes. Mais, bien sûr, c’est aux communistes qu’on va le reprocher en priorité. Nous avons l’habitude.

Simon Rötig a publié des « threads » sur ces sujets. Selon son habitude, il cite soigneusement ses sources. Il donne aussi son opinion. C’est normal, c’est évidemment son droit. C’est notre droit aussi de débattre. Nous le ferons sur deux points.

1. Simon Rötig note (c’est un fait) que Yannick Monnet, par ailleurs secrétaire départemental du Parti Communiste, a reçu la secrétaire générale de la Préfecture à l’Association Forum Réfugiés, dont il est cadre salarié. L’opinion de Simon Rötig est que Yannick Monnet « assure le Service Après-Vente de la Préfecture », dans un domaine – l’accueil des réfugiés – où la politique est pour le moins critiquable. Nous ne partageons pas cette analyse. Les fonctionnaires, les agents des services publics, les membres des associations d’utilité publique reçoive des ministres, des élus, des préfets dans le cadre de leurs fonctions. Cela n’implique pas qu’ils partagent les objectifs de la politique du gouvernement ou de la majorité en place. Cela relève simplement du service public dont une des qualités est la neutralité. En démocratie, les fonctionnaires, les salariés des services publics ou des associations ne sont pas responsables des politiques publiques.

2. Quand on évoque un responsable, un dirigeant, d’un parti politique, on écrit tout naturellement, en français, « responsable » ou « dirigeant », éventuellement « secrétaire général » ou une autre dénomination de ce type. Quand on parle d’un responsable du parti communiste on écrit un « apparatchik ». C’est devenu une habitude pour ceux qui remplacent la pensée par de la propagande. Mais c’est triste de lire ce mot sous la plume de Simon Rötig.

 *

La période qui s’ouvre est troublée. A la crise globale, sanitaire, économique sociale… s’ajoute la crise politique. Et pour les communistes, la crise est spécifique, ils sont divisés. Mais ils débattent. Cécile Cukierman brandit la menace d’une exclusion. Nous savons, depuis les Grecs anciens, que la rhétorique est au cœur de la politique, une campagne électorale est une scène de théâtre. Souhaitons que les vieilles pratiques de l’exclusion en restent au discours et ne reviennent pas à la mode.

Mes chers amis communistes, sympathisants, lecteurs de ce blog, permettez-moi de formuler un vœu : même si vous êtes un peu désorientés, déçus, en colère, continuez de débattre, fraternellement. Et continuez de lire Simon Rötig, ses informations et ses analyses sont précieuses.

mardi 19 janvier 2021

Démocratie et transparence à Vichy

 

Le lundi 18 janvier 2021, la police municipale a interdit l’accès à la séance du conseil municipal à des citoyens. C’est une violation de l’article L2121-18 du Code général des collectivités territoriales.

Ce que le gouvernement n’avait pas osé faire, malgré l’Etat d’urgence sanitaire – suspendre l’application d’une loi fondamentale pour la démocratie locale et la transparence – le maire de Vichy l’a fait.

Notons tout de suite que si la motivation du maire avait été la sauvegarde de la santé publique ou le respect du couvre-feu, il aurait pu utiliser le même article L2121-18 qui prévoit que les « séances peuvent être retransmises par les moyens de communication audiovisuelle ».

Le plus cocasse, c’est que les policiers municipaux, interpelés sur le caractère illégal de leur interdiction, ont déclaré (humour sans doute involontaire) que ce n’était pas grave puisque des journalistes étaient présents. Quand on sait à quel point La Montagne de Vichy défend le pluralisme en matière d’information municipale, c’est assez inquiétant.

D’ailleurs le journal du 19 janvier, page 9, détaille longuement un « débat » sur la vaccination, sujet qui n’est pas de la compétence de la commune, et nous « informe » que la « la première séance de l’année 2021 » a été « relativement courte » et, « entre plusieurs délibérations plus techniques », n’évoque que deux subventions, pour un montant total de 4.800 euros.

Circulez, il n’y a rien à voir.

Le maire de Vichy tweete, ou plutôt retweete, tous les jours, contre LFI, les écologistes, le RN (plus modérément), toujours sur des sujets nationaux, comme s’il ne se passait rien à Vichy. Ou plus exactement comme s’il n’y avait aucun problème.

Les politiques publiques à Vichy sont affaire de techniciens, de spécialistes. C’est ce que l’on qualifie par ce vieux mot remis à la mode : la gouvernance (il y avait d’ailleurs, à l’ordre du jour du conseil municipal du 18 janvier, un « pacte de gouvernance » dont nous ne saurons rien). Il n’est pas question d'exercice du pouvoir, encore moins de choisir entre des intérêts contradictoires, non, c’est une affaire de professionnels auxquels le bon peuple doit faire confiance.

Il y a peut-être là une des raisons de la défiance des citoyens à l’encontre des élus et des moyens d’information. Ce n’est pas du tout notre conception de la démocratie locale.

vendredi 4 décembre 2020

Démocratie locale à Vichy !

 


Jeudi 3 décembre, prenant prétexte de la pandémie, l’entrée de la salle des délibérations du Conseil communautaire a été interdite au public… qui a dû menacer de demander l’annulation des délibérations pour pouvoir entrer dans une salle plus qu’à moitié vide (et dans laquelle certains élus n’étaient pas exemplaires pour les gestes barrières).

 Faut-il choisir entre transparence et coronavirus ? Bonne aubaine pour le Président de Vichy Communauté : c’est ni l’un ni l’autre.

lundi 30 novembre 2020

Une loi dans un bourbier

 Les trois groupes de la majorité ont décidé de "récrire l'article 24" de la loi sécurité globale.

Le problème est que ces trois groupes, avec la droite et le Rassemblement National, ont voté cet article ! L'ont-ils déjà oublié ? Ou leur incompétence est-elle au-delà de l'imaginable ?

La proposition de loi, même si le pouvoir exécutif va tout faire pour la ralentir, va aller au Sénat, seul compétent pour récrire.

Les députés LREM, aussi arrogants que nuls en droit constitutionnel, ont maintenu qu'ils allaient récrire et que les sénateurs pourraient s'inspirer de leur travail. Quelle prétention et quel culot. Ils ont rappelé que, si les sénateurs n'étaient pas d'accord, c'est le texte de l'Assemblée qui s'imposerait. Quel mépris pour le Sénat.

Le ministre de l'intérieur, quelques députés et un syndicat de policiers assez peu républicains écrivent une loi. Les députés LREM, obéissants, dont la députée de Vichy, votent ce texte et le défendent. Au bout du compte, si l'on en croit les déclarations officieuses, mais soigneusement communiquées à la presse, le Président de la République, le Premier Ministre et probablement le ministre de la Justice les désavouent.

Les Républicains se réjouissent, ils ont voté la loi pour plaire à l'électorat d'extrême droite qu'ils convoitent et ils se moquent du gouvernement et de sa majorité, qui le méritent.

Il faut faire un gros effort de vocabulaire, consulter des dictionnaires de synonymes pour éviter d'être grossier : disons que le gouvernement et sa majorité sont dans un bourbier.

Pour le moment il est urgent que les journalistes, les syndicats, les associations et les partis politiques, toute la jeunesse mobilisée, qui défendent la liberté, continuent d'exiger le retrait de toute la loi.

 


samedi 28 novembre 2020

Manifestation à Vichy

 

Le quinquennat, récent, le scrutin uninominal à deux tours, plus ancien, ont discrédité l’Assemblée Nationale et le pouvoir législatif. La « majorité » à l’Assemblée n’a plus rien à voir avec une représentation des françaises et des français. C’est encore plus évident quand l’abstention est importante.

Les députés MACRON, entrés en masse dans le sillage du Président de la République, ont décidé d’exister. Ils ont élaboré une proposition de loi, c’est-à-dire une loi d’initiative parlementaire.

Mais celles et ceux qu’on appelle les députés Playmobil (on disait « godillots », du temps du général de Gaulle) ne sont apparemment même pas capables de s’improviser législateurs. Le Président de la République, le Premier Ministre, ne savent plus que faire de cette proposition de loi qui ne plaît qu’à Monsieur Darmanin, à Madame Le Pen et à une fraction un peu nauséabonde de la police. Même François-Xavier Bellamy, dans Le Figaro, critique une loi "aussi superflue pour la protection des forces de l’ordre que nuisible à la liberté de la presse" !

 

Il y a quatre jours @B_Peyrol tweetait "Pourquoi je voterai pour la proposition de loi sécurité globale, et son article 24". Depuis, en plein désarroi, elle retweete les déclarations des uns et des autres, déclarations souvent contradictoires. Et, bien sûr, elle se cache derrière Francis Chouat pour dire que c’est de la faute "des ultras gauche &droite".

Lamentable.

 

Samedi 28 novembre, au cours d’une manifestation caractérisée par la jeunesse des organisateurs et des participants, 350 vichyssois(es) ont demandé le retrait de la loi de sécurité globale.

 

vendredi 27 novembre 2020

La loi "sécurité globale"

 

E. Macron était un jeune candidat, il est devenu un très jeune président. Dans son sillage, de jeunes député(e)s ont été élu(e)s. Une jeune (et nouvelle) communiste me disait hier que des jeunes ont cru un moment que ce changement de génération allait changer les choses. Elle me disait aussi combien a été rapide et profonde leur déception.

C’est que la jeunesse ne suffit pas à garantir contre un virage à droite, et même parfois à droite de la droite.

Le ministre de l’intérieur a voulu la loi sur la sécurité, en particulier son article 24, pour plaire à la fraction la plus inquiétante de la police et au Rassemblement National. La députée de Vichy a longuement défendu cette loi, et cet article 24, sur les réseaux sociaux : « Je vais voter la proposition de loi sécurité globale, y compris son article 24 » écrit-elle sur Facebook le 24 novembre à 16h02.

Non mesdames et messieurs les ministres et les député(e)s il n’y a pas que «l’ultragauche» qui souligne les dérives de la police française et l’impunité de leurs auteurs, mais aussi les ONG, la presse et des organisations internationales… Samedi 28 novembre, à 15h, place Charles de Gaulle à Vichy, comme partout en France, beaucoup de partis, d’associations, de syndicats, demandent aux démocrates de manifester.

Aujourd’hui, le Premier Ministre aimerait bien se sortir de ce bourbier. Il essaie d’embarquer le président de la Commission Consultative des Droits de l’Homme. Suffira-t-il à nous protéger de l’incompétence des jeunes député(e)s, prêt(e)s au pire pour ramasser les voix de l’extrême droite ?

*

Le comble du cynisme est clairement exposé par un journaliste d'Europe 1 : "le président est sur une ligne de crête : il a besoin de Gérald Darmanin pour capter des soutiens à droite, mais si ce dernier va trop loin, il risque aussi de perdre son électorat plus modéré".

Jeunes lycéens, jeunes étudiants, voici pour vos révisions du bac ou votre culture générale quelques citations de Machiavel :

"Gouverner, c'est mettre vos sujets hors d'état de vous nuire et même d'y penser."

"Gouverner, c'est faire croire."

"Que pour être efficace il faut cacher ses intentions !"

Quand je pense qu'on nous a fait croire que Macron était disciple de Paul Ricoeur !


mardi 24 novembre 2020

Une députée soucieuse de vos problèmes

 

Bénédicte Peyrol est députée LREM de Vichy. Peut-être ne le saviez-vous pas ? Pourtant, ce n’est pas faute, pour La Montagne, de nous le rappeler très souvent !

Dans un article du 24 novembre 2020, le journaliste se préoccupe des contraintes de notre députée pour le travail parlementaire en période de confinement : à Paris la moitié de la semaine (heureusement une semaine sur deux), « beaucoup d’échanges téléphoniques, de visioconférences aussi ». Pauvrette, tout cela pour seulement 7185,60 euros brut par mois.

Mais le journaliste est bien obligé de parler un peu de la vie réelle et notamment de la loi « dite de sécurité globale ». Très perspicace, il sent de l’électricité dans l’air et demande à la députée si elle ressent la même chose. Oui, bien sûr, elle sent « vraiment une colère terrible ».

A-t-elle rencontré des chômeurs, des intérimaires, des personnes en réelle difficulté ? Non, elle ne peut pas, alors que les français sont confinés, s’offrir le luxe d’aller sur le terrain. Elle a donc rencontré un chef d’entreprise. Imaginez-vous qu’avec les règles sanitaires en vigueur, il peut vendre un tournevis mais pas une visseuse électrique. C’est « hallucinant » nous dit-elle ; elle a aussitôt écrit à Bruno Lemaire.

Quant à l’hôpital de Vichy, elle a promis, il y a presque un mois, d’y aller « prochainement ».

Heureusement, le journaliste a de l’humour (involontaire ?) et le coronavirus n’est pas absent. Bénédicte Peyrol échange « avec TOUX ceux qui la sollicitent » écrit-il. J’espère que, pour la TOUX, c’est dans son coude.

La Gauche est divisée...

  La gauche est divisée, c’est une évidence. Dans le contexte actuel, c’est navrant. Les communistes ne s’y résignent pas. Même s’ils n’ont ...