lundi 30 novembre 2020

Une loi dans un bourbier

 Les trois groupes de la majorité ont décidé de "récrire l'article 24" de la loi sécurité globale.

Le problème est que ces trois groupes, avec la droite et le Rassemblement National, ont voté cet article ! L'ont-ils déjà oublié ? Ou leur incompétence est-elle au-delà de l'imaginable ?

La proposition de loi, même si le pouvoir exécutif va tout faire pour la ralentir, va aller au Sénat, seul compétent pour récrire.

Les députés LREM, aussi arrogants que nuls en droit constitutionnel, ont maintenu qu'ils allaient récrire et que les sénateurs pourraient s'inspirer de leur travail. Quelle prétention et quel culot. Ils ont rappelé que, si les sénateurs n'étaient pas d'accord, c'est le texte de l'Assemblée qui s'imposerait. Quel mépris pour le Sénat.

Le ministre de l'intérieur, quelques députés et un syndicat de policiers assez peu républicains écrivent une loi. Les députés LREM, obéissants, dont la députée de Vichy, votent ce texte et le défendent. Au bout du compte, si l'on en croit les déclarations officieuses, mais soigneusement communiquées à la presse, le Président de la République, le Premier Ministre et probablement le ministre de la Justice les désavouent.

Les Républicains se réjouissent, ils ont voté la loi pour plaire à l'électorat d'extrême droite qu'ils convoitent et ils se moquent du gouvernement et de sa majorité, qui le méritent.

Il faut faire un gros effort de vocabulaire, consulter des dictionnaires de synonymes pour éviter d'être grossier : disons que le gouvernement et sa majorité sont dans un bourbier.

Pour le moment il est urgent que les journalistes, les syndicats, les associations et les partis politiques, toute la jeunesse mobilisée, qui défendent la liberté, continuent d'exiger le retrait de toute la loi.

 


samedi 28 novembre 2020

Manifestation à Vichy

 

Le quinquennat, récent, le scrutin uninominal à deux tours, plus ancien, ont discrédité l’Assemblée Nationale et le pouvoir législatif. La « majorité » à l’Assemblée n’a plus rien à voir avec une représentation des françaises et des français. C’est encore plus évident quand l’abstention est importante.

Les députés MACRON, entrés en masse dans le sillage du Président de la République, ont décidé d’exister. Ils ont élaboré une proposition de loi, c’est-à-dire une loi d’initiative parlementaire.

Mais celles et ceux qu’on appelle les députés Playmobil (on disait « godillots », du temps du général de Gaulle) ne sont apparemment même pas capables de s’improviser législateurs. Le Président de la République, le Premier Ministre, ne savent plus que faire de cette proposition de loi qui ne plaît qu’à Monsieur Darmanin, à Madame Le Pen et à une fraction un peu nauséabonde de la police. Même François-Xavier Bellamy, dans Le Figaro, critique une loi "aussi superflue pour la protection des forces de l’ordre que nuisible à la liberté de la presse" !

 

Il y a quatre jours @B_Peyrol tweetait "Pourquoi je voterai pour la proposition de loi sécurité globale, et son article 24". Depuis, en plein désarroi, elle retweete les déclarations des uns et des autres, déclarations souvent contradictoires. Et, bien sûr, elle se cache derrière Francis Chouat pour dire que c’est de la faute "des ultras gauche &droite".

Lamentable.

 

Samedi 28 novembre, au cours d’une manifestation caractérisée par la jeunesse des organisateurs et des participants, 350 vichyssois(es) ont demandé le retrait de la loi de sécurité globale.

 

vendredi 27 novembre 2020

La loi "sécurité globale"

 

E. Macron était un jeune candidat, il est devenu un très jeune président. Dans son sillage, de jeunes député(e)s ont été élu(e)s. Une jeune (et nouvelle) communiste me disait hier que des jeunes ont cru un moment que ce changement de génération allait changer les choses. Elle me disait aussi combien a été rapide et profonde leur déception.

C’est que la jeunesse ne suffit pas à garantir contre un virage à droite, et même parfois à droite de la droite.

Le ministre de l’intérieur a voulu la loi sur la sécurité, en particulier son article 24, pour plaire à la fraction la plus inquiétante de la police et au Rassemblement National. La députée de Vichy a longuement défendu cette loi, et cet article 24, sur les réseaux sociaux : « Je vais voter la proposition de loi sécurité globale, y compris son article 24 » écrit-elle sur Facebook le 24 novembre à 16h02.

Non mesdames et messieurs les ministres et les député(e)s il n’y a pas que «l’ultragauche» qui souligne les dérives de la police française et l’impunité de leurs auteurs, mais aussi les ONG, la presse et des organisations internationales… Samedi 28 novembre, à 15h, place Charles de Gaulle à Vichy, comme partout en France, beaucoup de partis, d’associations, de syndicats, demandent aux démocrates de manifester.

Aujourd’hui, le Premier Ministre aimerait bien se sortir de ce bourbier. Il essaie d’embarquer le président de la Commission Consultative des Droits de l’Homme. Suffira-t-il à nous protéger de l’incompétence des jeunes député(e)s, prêt(e)s au pire pour ramasser les voix de l’extrême droite ?

*

Le comble du cynisme est clairement exposé par un journaliste d'Europe 1 : "le président est sur une ligne de crête : il a besoin de Gérald Darmanin pour capter des soutiens à droite, mais si ce dernier va trop loin, il risque aussi de perdre son électorat plus modéré".

Jeunes lycéens, jeunes étudiants, voici pour vos révisions du bac ou votre culture générale quelques citations de Machiavel :

"Gouverner, c'est mettre vos sujets hors d'état de vous nuire et même d'y penser."

"Gouverner, c'est faire croire."

"Que pour être efficace il faut cacher ses intentions !"

Quand je pense qu'on nous a fait croire que Macron était disciple de Paul Ricoeur !


mardi 24 novembre 2020

Une députée soucieuse de vos problèmes

 

Bénédicte Peyrol est députée LREM de Vichy. Peut-être ne le saviez-vous pas ? Pourtant, ce n’est pas faute, pour La Montagne, de nous le rappeler très souvent !

Dans un article du 24 novembre 2020, le journaliste se préoccupe des contraintes de notre députée pour le travail parlementaire en période de confinement : à Paris la moitié de la semaine (heureusement une semaine sur deux), « beaucoup d’échanges téléphoniques, de visioconférences aussi ». Pauvrette, tout cela pour seulement 7185,60 euros brut par mois.

Mais le journaliste est bien obligé de parler un peu de la vie réelle et notamment de la loi « dite de sécurité globale ». Très perspicace, il sent de l’électricité dans l’air et demande à la députée si elle ressent la même chose. Oui, bien sûr, elle sent « vraiment une colère terrible ».

A-t-elle rencontré des chômeurs, des intérimaires, des personnes en réelle difficulté ? Non, elle ne peut pas, alors que les français sont confinés, s’offrir le luxe d’aller sur le terrain. Elle a donc rencontré un chef d’entreprise. Imaginez-vous qu’avec les règles sanitaires en vigueur, il peut vendre un tournevis mais pas une visseuse électrique. C’est « hallucinant » nous dit-elle ; elle a aussitôt écrit à Bruno Lemaire.

Quant à l’hôpital de Vichy, elle a promis, il y a presque un mois, d’y aller « prochainement ».

Heureusement, le journaliste a de l’humour (involontaire ?) et le coronavirus n’est pas absent. Bénédicte Peyrol échange « avec TOUX ceux qui la sollicitent » écrit-il. J’espère que, pour la TOUX, c’est dans son coude.

vendredi 20 novembre 2020

Bientôt l'hiver pour nos libertés

 

Darmanin, c'est-à-dire le Président de la République et LREM, veut contrôler (sous le prétexte fallacieux de « protéger ») les journalistes qui rendront compte d’une manifestation.

 

Toutes les télévisions, toutes les radios, tous les journaux et hebdomadaires ont signé une tribune pour dire qu’ils n’appliqueront pas la loi "Sécurité globale" de Darmanin, soutenue par le Rassemblement National et la droite.

C’est très important, il s’agit de nos libertés.

 

*

 

La loi "Sécurité globale" : la France rappelée à l'ordre par l'ONU

 

"Lundi, l’ONU a donc rappelé que “la publication d’images et d’enregistrements relatifs à des interventions de police sont non seulement essentiels pour le respect du droit à l’information, mais elles sont en outre légitimes dans le cadre du contrôle démocratique”.

Les rapporteurs regrettent aussi le manque de précision de l’atteinte à “l’intégrité physique ou psychique”, ce qui pourrait “décourager, voire sanctionner les vidéastes, journalistes ou citoyens.

L’absence de ces images “pourrait notamment empêcher que soient documentés d’éventuels abus d’usage excessif de la force par les forces de l’ordre”, ajoute le rapport."

 

Dans une démocratie, la population a besoin d’avoir confiance dans sa police et la police a besoin de la confiance de la population. Ne laissons pas le RN, et ses relais, bouleverser notre société.

dimanche 15 novembre 2020

Ce maudit virus va-t-il tuer aussi la raison ?

 

Il y a des virologues ou des virologistes pour mieux connaître les virus, il y a des immunologistes qui connaissent le fonctionnement du système immunitaire, un(e) infectiologue peut être consulté(e) s’il y a un doute sur la cause de l’infection, il y a des pneumologues pour soigner le système respiratoire, il y a des réanimateurs(trices), etc. Il y a l’épidémiologie, qui étudie les problèmes de santé dans une population humaine, avec des connaissances médicales, statistiques, sociologiques, etc.

Il y a enfin des responsables qui doivent concevoir des politiques de santé publique.

Et puis il y a des imbéciles qui n’ont aucune idée des dizaines d’années d’études et de pratique qu’il faut pour former les spécialistes ci-dessus. Ils sont souvent sympathisants du RN, mais pas toujours. Ils savent tout sur tout. Ils sont incapables de concevoir une pensée complexe. Ils ont UNE idée, à laquelle tout doit être ramené. Cette idée est parfois liée à un objectif partisan, sans lien avec la santé ou l'économie.

Pourtant, il faudrait arriver à analyser des réalités complexes et bâtir une politique qui tienne compte de tous les éléments contradictoires auxquels nous sommes confrontés. Il faudrait y mettre plus de démocratie - comme le propose Fabien Roussel - pour que cette politique soit mieux adaptée et mieux comprise.

Il y a bien longtemps, le philosophe Alain le disait :

« Une folie commune en tous les temps est de croire que si l’on tient ferme à l’un des termes de la contradiction, l’autre terme nous laissera tranquille. En bref, penser n’est pas une position de repos, ni une position de repli. »

Ce maudit virus va-t-il tuer aussi la raison ?

jeudi 12 novembre 2020

Qui se préoccupe des étudiants ?

 

Une professeure d’université s’interroge :

 

« Qui se préoccupe des étudiants ? Pas les médias en tout cas, ni le gouvernement qui pense avoir réglé le problème en fermant les universités. Qui parle de leur solitude, de leur chambre minuscule, de leurs difficultés à suivre des cours en ligne sans réseau adapté, avec de vieux ordinateurs ? Qui parle de leurs difficultés financières, quand leurs petits boulots n'ont pas été renouvelés ? Qui parle de leur impossibilité à trouver des stages ? A imaginer une seconde trouver un emploi à la sortie de leurs études ? Personne. Tout le monde s'en fout. Seul le personnel de l'université s'en préoccupe, dans l'indifférence et le mépris général. »

*

Madame, ne soyez pas si pessimiste, nous sommes heureux de pouvoir vous rassurer, les sénateurs LR, LREM et AGIR (tous les amis du Maire de Vichy, tous ceux qu'il représente localement et qu'il soutient) ont un grand souci des étudiants. Ils viennent de voter un article 20 bis de la loi de programmation de la recherche qui punit d’un an d’emprisonnement et 7.500 euros d’amende les étudiants qui manifesteraient dans leur université pour défendre leurs droits et alerter sur leur situation. A condition, bien sûr, qu’ils manifestent individuellement. S’ils manifestent « en réunion », c’est trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.

samedi 7 novembre 2020

Les druides, déjà, se méfiaient de l'écriture

 

La police est intervenue lundi matin dans un lycée du Mans, un établissement qui accueille près de 2 000 élèves, en plein hommage à Samuel Paty, après qu’un élève a été aperçu en train de photocopier une feuille de papier portant une inscription en arabe, au CDI du lycée. La police arrive, et l’élève reconnaît immédiatement être l’auteur de la photocopie. La proviseure et les policiers veulent vérifier ce qui est inscrit. Mais ils ne parlent pas arabe. Des « spécialistes » sont alors sollicités par la police pour faire la traduction, révèle France bleu.

« Ces faits, qui ont naturellement été explorés avec la grande célérité qu’impose le contexte actuel, ne revêtent finalement aucune qualification pénale »

Finalement, la phrase en question n’avait « rien de polémique » et « ne pouvait aucunement prêter à interprétation », déclare-t-on à la direction académique de la Sarthe.

La proviseure réaffirme en revanche, comme pour se justifier, que le document « pouvait sembler suspect ». La procureure du Mans, saisie à la suite de l’intervention de la police, a décidé de ne donner aucune suite judiciaire.

*

La photocopie était suspecte, puisqu’elle était rédigée en arabe !

Moralité : si on vous donne une bonne recette de tajine ou de couscous, prenez soin de la traduire avant de la photocopier...

jeudi 5 novembre 2020

Ne pas se tromper d'adversaire !

 

Depuis 1253 (presque huit siècles) la Sorbonne est le symbole de la culture française.

Monsieur le Maire de Vichy, plutôt que de retweeter les élucubrations politiciennes de MM. Kepel et autres, vous devriez écouter le Président de la Sorbonne, qui était sur France Culture le 3 novembre :

« Islamo-gauchisme, ça me fait aussi penser à judéo-bolchévisme, ça ne sent vraiment pas bon et je ne comprends pas qu’un ministre, apparemment éminent, du gouvernement se laisse aller à de telles vulgarités. Au moment, grave, où la nation est confrontée à du terrorisme islamiste, chercher [dans l’université] des responsabilités à l’attentat terroriste contre monsieur Paty est quelque chose d’absolument invraisemblable. Les responsables sont les réseaux qui arment les terroristes et c’est contre eux qu’il faut centrer l’action du gouvernement et ne pas faire diversion sur des soi-disant mouvements universitaires qui feraient preuve d’un laxisme qui n’existe pas. »

mercredi 4 novembre 2020

Un petit sourire... dans un monde et dans un moment qui en ont besoin

 

Les françaises et les français qui pratiquent paisiblement la religion musulmane dans notre pays doivent se demander, avec étonnement ou avec un sourire en coin, qu’est-ce que c’est que cette histoire de Mahomet et à quoi correspondent ces caricatures, qui représentent un taliban afghan ou un ayatollah.

 

Le Prophète ne s’est jamais appelé Mahomet, la transcription la plus correcte de son nom en français est Muḥammad. S'il ressemble à un taliban dans les caricatures, c'est parce que, physiquement, il n’a été représenté qu’à partir du XIIIe siècle en Perse (Iran).

mardi 3 novembre 2020

Drôles de fréquentations intellectuelles du Maire de Vichy

 


Environ 200 professeurs d’université et chercheurs ont signé un manifeste pour soutenir les positions du ministre de l’éducation nationale. C’est leur droit. Ils condamnent « l’islamo-gauchisme » bien sûr, ils condamnent « la doxa antioccidentale et le prêchi-prêcha multiculturaliste » (on appréciera la haute teneur scientifique de ces concepts !).

On trouve, parmi les signataires, quelques-uns de ceux dont les positions, qui frôlent l’extrême droite, relèvent plus de la polémique que de la recherche (Marcel Gauchet, Pierre-André Taguieff, Gilles Kepel, Luc Ferry), on y trouve aussi beaucoup d’inconnus.

Rappelons que la France compte plus de 18.000 professeurs d’université.

Mais on peut lire dans ce manifeste qu’il faudrait « créer une instance chargée de faire remonter directement les cas d’atteinte aux principes républicains ».

C’est inimaginable ! C’est surtout très grave et dangereux. Seules les dictatures surveillent les universités. Depuis 1229, en France, les universités sont indépendantes du pouvoir temporel et les « franchises universitaires », nées à Paris, ont été adoptées par les grandes universités d’Europe.

Gilles Kepel, qui est un des signataires de ce manifeste, en fait la promotion sur twitter.

Et, bien sûr, le Maire de Vichy retweete. Officiellement adversaire du Rassemblement National, le Maire de Vichy est souvent en étrange compagnie…

dimanche 1 novembre 2020

COVID 19

 

La science, la raison, ne sont pas à la fête. Tout circule sur les réseaux sociaux : des connaissances, des hypothèses, des âneries (beaucoup). On compare une épidémie EN COURS avec des épidémies terminées, on compare une épidémie CONTAGIEUSE avec le cancer ou les maladies cardiaques.

Il est vrai que nous sommes confrontés à des réalités assez étonnantes. Dans les pays occidentaux « développés », on dénombre, selon les pays, de 125 à plus de 700 morts de la COVID 19 par million d’habitants. Beaucoup moins en Asie. Même si aucune règle n’a été fixée pour comptabiliser les victimes, il est certain que ces différences sont surprenantes et devront être expliquées.

En attendant, le parti communiste joue pleinement son rôle en dénonçant les politiques d’économies au détriment de la santé, de l’hôpital en particulier. Cette réalité est ancienne, mais le premier confinement n’a pas servi de leçon, ni pour l’école, ni pour le système de soins, ni pour la sécurisation de l’emploi. Une tout autre politique est indispensable. Les partis politiques, les syndicats, les associations peuvent l'imposer.

Dans l’immédiat, les communistes privilégient la santé des françaises et des français. Face à l'explosion du nombre de patients admis à l'hôpital et dans les services de réanimation, face au nombre de décès et de drames familiaux, la protection de la santé des Français est plus que jamais une priorité. La situation de tension au sein de l'hôpital public, la détresse des personnels soignants confrontés à l'afflux constants de nouveaux patients, imposent de prendre toutes les mesures nécessaires pour enrayer la progression exponentielle de l'épidémie.

Discours du Président Macron, 22 juin 2022

Extrait numéro UN  " Le 24 avril, vous m’avez renouvelé votre confiance en m’élisant Président de la République.  Vous l'avez fait ...