samedi 1 août 2020


Ni amalgame, ni révisionnisme


Dans ce blog (voir l’entrée du 18 juillet 2020) nous avons déjà donné notre opinion sur la question de la confusion entre le « Régime de Vichy » et la ville de Vichy.

L’activisme du maire de Vichy sur ce sujet porte ses fruits. Le Président du Sénat, dans une lettre au Premier Ministre, décrit la « souffrance des vichyssois » qui « portent sur leurs épaules » « la trahison d’un « Etat » ayant renié les valeurs de la République ». Il ajoute, à propos des quatre-vingts parlementaires qui ont dit NON à Pétain, qu’ils « devinrent les premiers résistants ».

Tant mieux pour la ville de Vichy si le risque d’amalgame peut disparaître (même s’il nous arrive de penser qu’à force de ne parler que de cela on risque de provoquer l’effet contraire chez toutes celles et ceux qui n’ont jamais confondu Vichy et l’Etat Français, et qui n’y ont même jamais pensé).

Mais rejeter l’amalgame, rappeler ce qu’était l’Etat Français, ne doit pas conduire à cette forme de « révisionnisme », qui consiste à récrire l’histoire pour des objectifs politiques, en choisissant les seuls faits qui nous arrangent.

Oui, Monsieur le Président du Sénat, les quatre-vingts parlementaires qui ont dit non aux pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, le 10 juillet 1940, étaient des hommes courageux.

Non, Monsieur le Président du Sénat, ils n’étaient pas « les premiers résistants », le Général de Gaulle s’était envolé vers Londres, à bord du Havilland Flamingo, dès le 17 juin 1940.

Non, Monsieur le Président du Sénat, ils n’étaient pas « les premiers résistants », les parlementaires communistes ont été déchus de leur mandat dès le 21 janvier 1940, condamnés et emprisonnés le 3 avril. Dès juin 1940, les premiers sabotages de la résistance ont eu lieu. Etienne Achavanne, a été, le 4 juillet 1940, le premier résistant fusillé.

Enfin, pour être précis, il faudrait peut-être rappeler que les quatre-vingts hommes courageux qui se sont opposés à la fin de la République n’étaient pas représentatifs de leurs partis qui, majoritairement, ont soutenu l’installation de l’Etat Français.

Dans cette liste des quatre-vingts il serait bon de rappeler les noms de Marx Dormoy, Eugène Jardon, Isidore Thivier, élus de l’Allier, tous résistants.

Et puis il serait bon, de temps en temps, de parler aussi des cinq-cent-soixante-neuf parlementaires (!) qui ont voté les pleins pouvoirs à Pétain. Même si, dans cette liste, les cinq parlementaires de l’Allier ne méritent que notre oubli.

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