dimanche 2 août 2020


Et si nous parlions des « charges de l’employeur » (5)


Une entreprise a un chiffre d’affaire, c’est le montant de ses ventes.
Elle paie des matières premières et des frais généraux.
La différence (ventes moins frais), c’est la valeur ajoutée, la richesse produite.

La valeur ajoutée sert à payer des impôts (de moins en moins pour les entreprises), des salaires, des investissements et des profits.

Pour se développer, l’entreprise pourrait vendre plus, ou investir. Mais pour cela il faudrait qu’elle ait des clients, des clients qui puissent dépenser. Retournez vos poches, l’affaire est réglée. Les clients que nous sommes n’ont pas d’argent. Alors, au lieu de développer l’activité en donnant de l’argent à ceux qui pourraient acheter (par exemple en augmentant les salaires) on donne de l’argent public aux entreprises. Ce faux « libéralisme », un ancien ministre communiste l’avait appelé « les béquilles du capital ».

Et donc la seule solution pour augmenter les profits, ou les dividendes (la fameuse « marge des entreprises ») c’est de diminuer les salaires. Mais diminuer les salaires directs, malgré la propagande des « économistes » des chaînes de télé, c’est difficile. Alors on diminue les salaires indirects. Et on appelle cela une « exonération de charges ». C’est merveilleux. On ne dit pas que « c’est pour diminuer le salaire indirect », c’est-à-dire les retraites ou les moyens de l’hôpital, on dit que « c’est pour créer des emplois ».

C’est dans le vocabulaire qu’est la clé du problème. Si vous êtes un patron, et que vous dites, avec en fond sonore quelques violons, avec un sourire angélique, avec une larme à l’œil : « il faut reconstituer les marges des entreprises » : tout le monde est séduit.
En revanche, si vous êtes salarié, et que vous dites : « c’est la lutte des classes », vous faites peur.

Merveille du langage.

Et pourtant, dans les deux cas c’est la même chose. Sauf que, si vous êtes conscient que le langage sert à vous manipuler, vous avez une chance de vous défendre.

A suivre…


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