samedi 20 juin 2026

Le parti communiste doit-il utiliser les réseaux sociaux ?

 Nous avons d'abord écrit sur des tablettes d'argile, ensuite sur des papyrus et du cuir. Puis nous avons inventé le papier. Nous sommes passés de l'écriture manuscrite à l'imprimerie. Nous sommes passés des livres onéreux aux livres de poche, puis au livre électronique. Nous avons inventé la radio, la télévision et, derniers en date, les réseaux sociaux.

A chaque étape, la production de qualité a représenté un faible pourcentage de la production totale.

A chacune de ces étapes (et pas seulement pour les réseaux sociaux), la production et la propriété des supports de communication appartenaient, ou étaient contrôlées, par les riches et les puissants.

Il faut (re)lire, dans Les Illusions perdues de Balzac, les enjeux de pouvoir et d'argent quand, vers 1840-1870, le papier pur fil a été remplacé par le papier à base de pâte de bois. Les Bolloré de l'époque n'attendaient que cela pour développer la presse !

A chacune de ces étapes, il y a eu des critiques violentes contre les nouveaux supports, les nouveaux moyens de communication.

Ne tombons pas dans le piège du "c'était mieux avant".

Oui les réseaux sociaux appartiennent au capital, comme (presque) tous les moyens (les supports) de communication. Mais les réseaux sociaux existent. Ils ont un quasi monopole de support de l'information pour une tranche d'âge importante. Il faut les utiliser sans complexe; avec prudence (avec la même prudence que n'importe quel autre moyen de communication), mais sans réserve.

mardi 16 juin 2026

Populisme(s) et mode de scrutin

 Déclaration de Fabien Roussel, au cours d'une interview télévisée, le 14 juin 2026 :

« Les 2,3% d’électeurs qui ont voté pour nous aux élections présidentielles n’auraient jamais voté pour Jean-Luc Mélenchon. Ceux qui avaient prévu de voter pour moi, au nom du vote utile se sont portés sur Jean-Luc Mélenchon. C’est plutôt lui qui m’a fait les poches. »

Cette "déclaration" de Fabien Roussel (non vérifiée), abondamment citée par les sites LFI, sert à illustrer l’idée que la candidature de Fabien Roussel serait la cause de «cinq ans de macronisme supplémentaires», en empêchant JLM d’être au second tour de l'élection présidentielle (comme s'il était évident qu'étant au second tour, il aurait été élu).

Pourtant, rien n’est plus exact que ce que dit Fabien Roussel. Le général de Gaulle nous a doté des modes de scrutin les plus anti-démocratiques qui soient, aux législatives et aux présidentielles : pour faire barrage à une vraie gauche, plurielle, et pour instaurer de force le bipartisme, contre les partis.

Le bipartisme est la solution miracle pour les populismes.
La droite gaulliste en a longtemps profité. Le PS de Mitterrand et Macron ont pris la suite. Le RN et LFI se préparent à prendre la relève. JLM nous le dit : « La primaire a déjà eu lieu. »

Que disent les deux adversaires, autoproclamés acteurs de la présidentielle : 
"Rendormez-vous braves gens !
Il existe, avec un second tour Mélenchon/Bardella, une vraie gauche et une vraie droite, avec chacune un vrai leader.
Votez et laissez-nous faire !"

La Gauche

 Je n'aime pas beaucoup les expressions "gauche radicale", "vraie gauche", "gauche de rupture", etc. Pour ...