jeudi 30 juillet 2020


Et si nous parlions des « charges de l’employeur » (4)


Eureka, j’ai trouvé les charges de l’employeur ! Elles sont dans le compte 64 qui décrit la masse salariale comptable.

C’était normal de ne pas les trouver, elles utilisent un pseudonyme (ou plusieurs). En fait, c’est une charge de l’entreprise, ce n’est pas l’employeur qui paie de sa poche. Et en plus c’est la même chose que le salaire, c’est dans le même compte.

Donc, quand on nous rebat les oreilles du montant extravagant des «charges qui pèsent sur les patrons» en France, on nous ment un peu. Pour être honnête, il faut comparer le coût total : salaire et « soi-disant » charges. Je suis allé voir les statistiques officielles de l’Union Européenne (Eurostat) pour l’année 2018. La France ne vient qu’en sixième position. Il y a cinq pays où «le coût horaire de la main d’œuvre» est supérieur à celui de la France. Et en Allemagne, si souvent citée en exemple, ce coût n’est inférieur que de 3,46 %. L’écart est même tombé à 1,35 % au quatrième trimestre 2019. Que restera-t-il de cet écart à la fin du quinquennat Macron ?

Il y a plus. Dans les statistiques européennes, on parle du «coût» d’une heure de travail, on ne parle pas du temps partiel imposé au salarié.

Et je suis allé voir l’ambition des fondateurs de la sécurité sociale, en 1946 (et, avant eux, les créateurs des mutuelles, des assurances sociales, bref, de la solidarité). A côté du salaire direct, payé au salarié (sur lequel sont prélevées de vraies cotisations, payées par le salarié !), il existe un salaire indirect, sous forme de remboursement de soins, d’aides familiales, de retraite, de maintien du revenu en cas de maladie, de chômage ou d’accident du travail.

Les soi-disant charges de l’employeur sont des salaires. Des salaires que les salariés ont gagnés par leur travail.

C’était normal de ne pas trouver «les charges de l’employeur», elles n’existent pas.

A suivre…


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