mardi 28 juillet 2020


Et si nous parlions des « charges de l’employeur » (2)


                François Lenglet est un grand économiste. Fils de patron, il a commencé sa carrière dans des journaux appartenant à SFR et à LVMH. C’est donc en toute indépendance qu’il nous le dit : «le problème de la France c’est que les patrons paient trop de charges». Tous ses confrères, sur toutes les chaînes de télé, dans presque tous les journaux, disent la même chose.

                Nous allons donc poursuivre notre enquête, aujourd’hui à la recherche des patrons. Demain nous rechercherons ces fameuses charges que paient les patrons.

Quand j’apprenais l’économie, on parlait de cotisations patronales. Mais c’était il y a bien longtemps. Aujourd’hui, ma pauvre dame ! il n’y a plus de patrons. Dans ma jeunesse il y avait des patrons, et fiers de l’être. Et même avant ma jeunesse. En 1936, la Confédération Générale du Patronat Français. Puis, en 1946, le Conseil National du Patronat Français. Qui plus est, dirigés par de vrais patrons.

Les patrons ont disparu en 1998. Ils ont été remplacés par le Mouvement des Entreprises de France. C’est beau le «mouvement des entreprises», on dirait qu’elles se déplacent toutes seules. Les «entreprises en marche», ça ne peut que plaire à Monsieur Macron. C’est surtout beau la communication. D’ailleurs le MEDEF a été inventé par un énarque, qui était aussi baron, et qui habitait un château. Ce baron a passé plus de temps dans les cabinets ministériels que dans une entreprise. Son entreprise ne produisait pas grand-chose, elle gérait la fortune de la famille. Ça s’appelle une « holding ».

Pourtant c’était un joli mot latin, le patron. A Rome, le patron avait des clients (et des esclaves). Mais les ouvriers, les syndicats, les communistes, ont abusé du joli mot de patron. Ils l’ont sali, il fallait en changer. On a essayé chef d’entreprise. Mais «chef», c’est pas très bien non plus. Aujourd’hui on dit «employeur». Employeur c’est merveilleux, c’est celui qui donne du travail (pardon, des emplois). D’ailleurs, si le but de l’employeur est de donner du travail, on se demande pourquoi Monsieur Macron a facilité les licenciements ! Mais, je m’en doutais un peu : l’économie est une science difficile.

Dans ma jeunesse on parlait de « cotisations », Littré nous dit que c’est une « contribution par quote-part ». Aujourd’hui on parle de « charges » et Littré nous dit que les charges sont « ce qui pèse » un « faix », un « fardeau ».

Il faut toujours se méfier des manipulations du vocabulaire.

A suivre…


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