Dans le contexte politique actuel, en Europe, on ne peut que
se réjouir de la victoire de Die Linke à Berlin. Ce parti a gagné presque
207.000 voix, multipliant son résultat par 2,5 par rapport à 2023. Il faut se
réjouir aussi de la diminution de près de 30% du nombre d’abstentions.
Il faut malheureusement apporter quelques nuances à cet
enthousiasme.
D’abord, Berlin n’est pas l’Allemagne. Avec des caractéristiques
sociales, économiques et culturelles proches de Paris et de l’Île de France,
Berlin est plutôt à gauche et un peu plus à l’abri des idées d’extrême-droite
que le reste du pays.
Les abstentionnistes restent, de très loin, le premier parti
de Berlin. Le nombre de blancs et nuls - presque 1% des inscrits - a doublé. Si
Die Linke gagne 282.941 voix, c’est en partie (environ 30%) au détriment des
autres partis de gauche. Si la gauche a gagné des voix par rapport à 2023 (+ 206.599),
si la droite a gagné des voix par rapport à 2023 (+ 134.984), ces gains n’ont
pas tous eu lieu au détriment de l’abstention. Pour 10% au moins, ces gains se
font au détriment des « petits partis ».
La droite progresse
aussi et passe de 26,18% à 31,02% des inscrits. L’extrême-droite (AfD) a plus
que doublé son nombre de voix. Un parti, BSW, qui n’existait pas en 2023, qui a
un temps été considéré comme proche de LFI et qui est devenu nationaliste, anti-immigration
et anti-écologie, représente aujourd’hui 3,46% des inscrits.
Nous avons donc à Berlin une situation plus contrastée que ce
que l’enthousiasme de LFI pourrait nous faire croire. Quand Die Linke passe de
12,19% à 25,65% des votants, la gauche dans son ensemble ne passe que de 48.94%
à 52,05%. Pour l’évolution politique de l’Allemagne, on est loin du compte.
Ne nous y trompons pas, Berlin (et Saint-Denis) sont des
hirondelles qui ne suffiront pas à ramener le printemps !
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